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Bulletin Quotidien Europe N° 13538
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'arrivée au pouvoir de Donald Trump peut constituer une opportunité pour l'UE de stimuler sa compétitivité économique, estime Christine Lagarde

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a considéré, mercredi 4 décembre, que le retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis peut constituer une opportunité pour les Européens de stimuler leur compétitivité économique.

Au-delà des mots, nous devons voir ce qui est fait réellement, « mais nous devons nous y préparer » d'ores et déjà, a déclaré Mme Lagarde lors d'un dialogue monétaire avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Se référant aux rapports 'Draghi' sur la compétitivité européenne, 'Letta' sur le marché intérieur et 'Noyer' sur l'union des marchés des capitaux (UMC), elle a soutenu toute initiative permettant de renforcer « la productivité » dans l'Union européenne, en réponse des questions de Stéphanie Yon-Courtin (Renew Europe, française) et Enikő Győri (PfE, hongroise).

L'ancienne directrice du FMI a cité l'intégration accrue des marchés européens des capitaux pour financer l'innovation à travers la création d'un instrument financier paneuropéen peu coûteux permettant de canaliser les investissements privés disponibles. Elle a aussi préconisé une uniformisation de la supervision financière au niveau de l'UE, en écho à sa précédente proposition de créer un 'gendarme boursier' européen s'inspirant de la SEC américaine (EUROPE 13296/21).

Eero Heinäluoma (S&D, finlandais) lui a demandé de préciser ses déclarations selon lesquelles les Européens devraient éviter une recrudescence des tensions commerciales transatlantiques après le changement de l'administration américaine, en achetant davantage aux États-Unis.

Dans un monde idéal, a indiqué Mme Lagarde, les échanges commerciaux se feraient sur la base des règles déterminées au sein de l'OMC. « Mais nous ne devrions pas être naïfs » : « Nous devons être conscients et reconnaître que des négociations doivent être menées » avec la future administration américaine et, pour cela, mieux vaut être « en position de force », a-t-elle fait valoir, convaincue qu'il ne s'agit pas pour l'UE de « baisser pavillon » face aux pressions américaines.

France. Plusieurs eurodéputés ont interrogé l'ancienne ministre française sur les répercussions de la crise politique en France, au moment même où les députés français faisaient tomber le gouvernement de Michel Barnier. Elle a refusé de sortir de son rôle de présidente de la BCE en commentant la manière dont la France pourrait se doter rapidement d'un budget pour 2025.

Questionnée par Jónas Fernández (S&D, espagnol) sur la volatilité observée sur les marchés de la dette souveraine en zone euro, Mme Lagarde s'est référée au rapport spécifique que le 'Comité européen sur le risque systémique' (FSRB) qu'elle préside a adopté le jour même. Elle a notamment relevé que le volume de titres souverains détenus par des banques s'est réduit « de façon significative » depuis la crise de la dette souveraine en zone euro.

Ce rapport analyse des perturbations observées sur ces marchés ces dix dernières années ainsi que les évolutions (nature des acteurs financiers, évolutions technologiques) des marchés de la dette souveraine. Ses auteurs requièrent une intervention législative urgente pour mieux encadrer les activités des fonds monétaires ('money market funds') dans l'UE, notamment les risques de liquidités auxquels ils sont exposés.

Voir le rapport du Comité FSRB : https://aeur.eu/f/en0

Union budgétaire. Pasquale Tridico (La Gauche, italien) a interrogé la présidente de la BCE sur les difficultés du secteur automobile européen face à la concurrence internationale et les initiatives qui pourraient être prises au niveau européen. Il a évoqué une possible activation de l'instrument SURE d'aide aux régimes nationaux de chômage partiel, créé pour affronter la pandémie de Covid-19.

D'après Mme Lagarde, ce genre de considérations est plutôt du ressort de la politique budgétaire. Elle a d'ailleurs réitéré son soutien à toute initiative des pays de la zone euro qui pourrait conduire à une « union budgétaire », qu'il s'agisse de la création d'une capacité budgétaire commune ou d'un endettement commun pour financer des biens communs européens.

Et quand Fabio De Masi (La Gauche, allemand) lui a demandé si elle était d'accord avec le gouverneur de la Bundesbank, Joachim Nagel, qui s'est prononcé mercredi pour que soit desserré le frein constitutionnel à la dette publique allemande, Mme Lagarde a simplement répondu : « Oui ! » (Mathieu Bion)

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