Les représentants de Médecins sans frontières, UNICEF et le Conseil norvégien pour les réfugiés ont dressé, mercredi 4 décembre, une fois de plus, le tableau poignant du chaos qui règne actuellement dans la bande de Gaza, devant les députés de la commission du développement (DEVE) du Parlement européen.
À l'approche de l'hiver, les organisations ont renouvelé avec insistance leurs appels à une action renforcée pour faire face à la crise humanitaire.
« Depuis octobre, il n'y a pas eu une seule semaine au cours de laquelle au moins la moitié des camions nécessaires ont pu entrer à Gaza », a déploré le Secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés, Jean Egeland.
L'ancien diplomate norvégien a exhorté le PE à ne se fier qu'aux informations des organisations humanitaires actives sur le terrain et à se désintéresser « des sources propagandistes du Hamas (...) et d'Israël ». « Faites-nous confiance ! », a-t-il souligné.
Pour la Commission européenne, Béatrice Miège, haute fonctionnaire responsable des opérations d'aide humanitaire (DG ECHO), est revenue sur la mobilisation de l'UE, qui a inclus des financements exceptionnels depuis octobre 2023 ainsi qu'un pont aérien d'au moins 61 vols.
En outre, la Commission travaille avec 17 partenaires humanitaires, dont l'UNRWA, qui a bénéficié d'un financement de 38,5 millions d'euros de l'UE en 2024, a indiqué Mme Miège.
« Je voudrais souligner que tous les partenaires humanitaires œuvrent dans des conditions de sécurité qui sont tout à fait inacceptables », a déclaré la cheffe d'unité adjointe, déplorant les nombreuses pertes humaines parmi les travailleurs humanitaires.
« Il faudra que les responsables rendent des comptes », a-t-elle ajouté face aux eurodéputés présents mercredi après-midi.
Parmi eux, Charles Goerens (Renew Europe, luxembourgeois) a regretté l'absence de représentants de l'UNRWA à la discussion afin de permettre à l'agence de l'ONU de se défendre des accusations d'infiltrations présumées d'agents du groupe terroriste Hamas en son sein.
À gauche de l'hémicycle, Isabel Serra Sánchez (La Gauche, espagnole), quant à elle, a appelé à des financements supplémentaires pour l'UNRWA.
« Les institutions européennes ne considèrent pas les Palestiniens comme des humains. Si M. Nétanyahou n’est pas traîné devant les tribunaux, il y aura une vraie crise du droit à l’échelle internationale », a-t-elle estimé. (Bernard Denuit)