Le Parlement européen a débattu, mercredi 23 octobre, de la nécessité de renforcer le transport ferroviaire et le secteur ferroviaire en Europe. L’ensemble des députés ont appelé à investir davantage dans le rail, tant du pour le transport de passagers que de fret.
Dariusz Joński (PPE, polonais) a jugé primordial de se concentrer sur les infrastructures à grande vitesse afin de favoriser l’interconnexion. « Il faut des voies à grande vitesse partout en Europe, pas uniquement à Paris, à Bruxelles, mais également à Vilnius, à Sofia et ailleurs », a-t-il plaidé.
Arno Bausemer (ESN, allemand) et Cynthia Ní Mhurchú (Renew Europe, irlandaise) ont mentionné les services aux usagers, qui sont à améliorer. Le premier a évoqué les problèmes de retard et de salubrité, tandis que la deuxième a déploré l’arrêt des services de repas à bord dans son pays. « L'investissement est nécessaire dans l'infrastructure, mais également dans l'expérience avec les consommateurs », a-t-elle estimé. « Nous devons garantir des services fiables, mais également fréquents », a-t-elle ajouté, regrettant que le train ne soit pas toujours plus rapide que l'automobile. Margarita de la Pisa Carrión (PfE, espagnole) a fait allusion à la cohésion territoriale que permet le train.
Elle a parlé également du fait que les fonds sont mal gérés, tout comme Elena Kountoura (La Gauche, grecque). Cette dernière a fait mention de l’accident ferroviaire survenu en février 2023 dans son pays, qui a provoqué la mort d'au moins 57 personnes. « Malgré les milliards qui ont été investis, il y a encore un fossé entre les réalités et les visions des dirigeants », a-t-elle déploré, évoquant les lacunes du gouvernement grec et le manque d'interopérabilité.
Kai Tegethoff (Verts/ALE, allemand), pour sa part, a appelé à l’action, notamment à la mise en place d’un système de billetterie multimodal et au renforcement des financements pour le ‘Mécanisme pour l'interconnexion en Europe’ (MIE) (EUROPE 13490/11).
Enfin, François Kalfon (S&D, français) a défendu le fret ferroviaire, outil principal de la décarbonation du transport de marchandises, qui connaît pourtant une crise profonde. Il a accusé la Commission européenne d’avoir empêché la France d’aider Fret SNCF (EUROPE 13201/25) et d'avoir favorisé le transport routier avec l’introduction de mégacamions (EUROPE 13435/10) et l’abaissement de l'âge du permis poids lourd. « Laissons les États membres soutenir ces entreprises qui effectuent une mission de service public », a-t-il défendu. (Anne Damiani)