La Roumaine Roxana Mînzatu, désignée vice-présidente de la Commission en charge des Gens, des Compétences et de la Préparation, poursuivra la mise en œuvre des principes du Pilier européen des droits sociaux avec un nouveau plan d’action sur le sujet.
Elle s’engagera aussi à préparer, début 2025, un nouveau Pacte sur le dialogue social européen et poursuivra une feuille de route sur la ‘Qualité des emplois’.
Elle œuvrera encore à créer une ‘Union pour les compétences’ et cherchera à développer une initiative sur la gestion algorithmique du travail. Mais la Roumaine n’aura pas de nouvel intitulé pour sa fonction, alors que les élus auraient aimé y lire les termes d’emploi et de droits sociaux.
Elle ne lancera pas non plus de grands chantiers ‘sociaux’ tels qu’une directive sur les revenus minimaux, souhaitant se concentrer sur la mise en œuvre de la recommandation de la Commission sur le sujet présentée par le commissaire sortant, Nicolas Schmit.
Telles sont quelques-unes des réponses fournies le 22 octobre aux élus qui l’auditionneront le 12 novembre. Huit commissions seront invitées, à côté des commissions compétentes 'Emploi et Affaires sociales' et 'Culture'.
Sur le nouveau plan d’action sur le pilier des droits sociaux, la candidate « souhaite amplifier notre dynamique pour atteindre au moins nos objectifs phares de l’UE pour 2030 en matière d’emploi (taux d’emploi de 78%, réduction d’au moins la moitié de l’écart d’emploi entre les hommes et les femmes), de compétences (au moins 60% des Européens participant chaque année à une formation et promotion de l’accès aux compétences numériques de base pour au moins 80% des personnes âgées de 16 à 74 ans) et de réduction de la pauvreté (réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté ou l’exclusion sociale d’au moins 15 millions par rapport aux chiffres de 2019, dont 5 millions d’enfants) ».
Le plan d’action annoncera « des mesures législatives et non législatives », promet-elle, sans autres détails.
« Je veux qu'une feuille de route pour des emplois de qualité soit notre nouveau paradigme qui nous permettra d’exploiter pleinement les opportunités qu’apportent les nouvelles technologies et les écosystèmes numériques en matière d’innovation, d’augmentation de la productivité et de compétitivité », ajoute-t-elle.
Nouvelle initiative sur la gestion algorithmique au travail. « Nous continuerons également à recueillir des preuves pour une nouvelle initiative sur la gestion algorithmique intégrant le principe de 'l’humain aux commandes' dans le monde du travail », écrit-elle.
Union et portabilité des compétences. Pour faire face aux pénuries, la candidate promet de créer une ‘Union des compétences’, notamment pour « relever les défis liés à la main-d'œuvre dans le domaine des soins de longue durée ».
Les compétences « sont un droit social dont chacun devrait continuer à bénéficier de l'enfance à la vieillesse. L'objectif sera que chacun reçoive l'éducation et la formation dont il a besoin à chaque étape de sa vie professionnelle afin d'être agile dans le monde en constante évolution d'aujourd'hui ».
Elle présentera « une initiative ambitieuse sur la portabilité des compétences afin de garantir que les compétences voyagent et soient reconnues avec la mobilité sur le marché du travail ».
Et elle se penchera sur les moyens de renforcer les comptes individuels de formation.
Mobilité et sécurité sociale. « Des emplois de qualité signifient aussi une mobilité équitable de la main-d'œuvre. Nous devons achever les travaux en cours : je travaillerai intensément avec le Parlement et le Conseil pour aider à trouver un accord sur la révision des règlements de coordination de la sécurité sociale », alors que la révision du règlement 883/2004 est bloquée et que les travaux n'ont pas repris entre le PE et la Présidence hongroise du Conseil de l'UE.
« Je suis consciente de la complexité de ce dossier et prête à proposer des approches innovantes sur la base des progrès réalisés jusqu'à présent ». Sur l'Autorité européenne du travail, elle devra également évaluer la façon de renforcer son action, la Roumaine n’évoquant pas de nouveau mandat à ce stade.
Elle se penchera aussi sur « une vision globale de la numérisation des services, y compris pour faciliter les déclarations de travailleurs détachés ».
Stratégie anti-pauvreté. « Près de la moitié des États membres ont connu une augmentation sensible du nombre de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale en 2023, ce qui rend l'objectif de 2030 plus difficile à atteindre », admet la Roumaine. La future Stratégie devra « être globale et aller au-delà de l'emploi et des politiques sociales pour inclure l'éducation et la formation, les soins de santé, le logement, la fiscalité, les transports, l'énergie, l'alimentation et les politiques climatiques ».
Sur le logement, elle soutiendra les travaux du commissaire compétent et plaidera pour « un volet social solide, qui réponde aux besoins des plus vulnérables, notamment des personnes sans abri, pour lesquelles le principe du 'logement d’abord' constitue l’approche optimale ».
Lien vers les réponses : https://aeur.eu/f/dzu (Solenn Paulic)