login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13506
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Surprise par la faiblesse de certains indicateurs économiques, la BCE baisse à nouveau ses principaux taux directeurs

Après juin (EUROPE 13425/1) et septembre (EUROPE 13481/2), le Conseil des gouverneurs de la BCE a pris la décision unanime, jeudi 17 octobre à Ljubljana, de procéder à une baisse de 25 points qui concernera ses trois taux directeurs, l'institut monétaire de Francfort se disant surpris par la faiblesse de certains indicateurs économiques.

À partir de mercredi 23 octobre, les taux d’intérêt de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal seront donc ramenés à, respectivement, 3,25, 3,40 et 3,65%.

Devant la presse, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, s'est félicitée que, sur la base des informations disponibles, « le processus de désinflation (soit) en bonne voie ». « Sommes-nous en train de briser le cou de l'inflation ? Pas encore. Sommes-nous en train de le faire ? Oui », a-t-elle précisé, faisant état de prix des denrées alimentaires encore élevés.

La hausse moyenne des prix au niveau de la zone euro a reculé de 2,2% en août à 1,7% en septembre, revenant à son niveau le plus faible depuis avril 2021.

L'activité économique plus faible qu'attendu explique cette baisse de l'inflation qui a surpris la BCE et les observateurs. Elle est notamment due à une moindre consommation qu'anticipé, le taux d'épargne des ménages se situant, au deuxième trimestre, à un niveau bien plus élevé qu'avant la pandémie de Covid-19.

Selon la BCE, les risques à la baisse continuent de dominer la situation macroéconomique, notamment les risques géopolitiques qui influencent les prix énergétiques. Interrogée sur l'impact que pourraient avoir les élections américaines, la présidente de la BCE a noté que l'économie européenne pâtirait d'obstacles aux échanges commerciaux en cas de tensions commerciales avec la future administration américaine. 

« Mais nous n'envisageons pas de récession » en zone euro, a assuré Mme Lagarde, évoquant plutôt « un atterrissage en douceur » de l'économie.

Face à des indicateurs plus faibles que prévu, la BCE ne prend-elle pas le risque d'assouplir insuffisamment sa politique monétaire en n'abaissant les taux que de 0,25% ? La proposition de nos économistes était « la plus appropriée », a répondu l'ancienne directrice du FMI.

En décembre, la BCE disposera de projections économiques actualisées. Sur cette base, elle procédera à un nouvel état des lieux de sa politique monétaire. D'ici là, Mme Lagarde a rappelé que le Conseil des gouverneurs ne s'engage jamais à l'avance, chaque décision monétaire étant prise sur la base de données à jour et réunion après réunion. La BCE se tient également prête à ajuster, à tout moment, ses instruments de politique monétaire afin que l'inflation reflète sa mission première de maintenir la stabilité des prix à 2% à moyen terme.

Par ailleurs, Mme Lagarde a exhorté les dirigeants de l'UE à assurer un suivi « concret et ambitieux » des rapports 'Draghi', sur la compétitivité européenne (EUROPE 13478/1), et 'Letta', sur le marché intérieur (EUROPE 13393/3), et à mettre en place « sans retard et dans sa totalité » le cadre européen révisé de gouvernance économique. Il convient de trouver le juste équilibre entre consolidation budgétaire et poursuite des réformes et des investissements, a-t-elle souligné. 

Voir les décisions monétaires de la BCE : https://aeur.eu/f/dxk  (Mathieu Bion)

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
ACTION EXTÉRIEURE
BRÈVES