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Bulletin Quotidien Europe N° 13481
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'institut monétaire baisse à 3,5% le taux d'intérêt sur la facilité de dépôt

Le Conseil des gouverneurs de la BCE a pris la décision unanime, jeudi 12 septembre à Francfort, de procéder, après celle de juin (EUROPE 13425/1), à une nouvelle baisse de 25 points de base du taux d'intérêt sur la facilité de dépôt, estimant les données économiques disponibles suffisamment convaincantes pour assouplir sa politique monétaire.

À partir de mercredi 18 septembre, le taux d'intérêt de la facilité de dépôt passera donc de 3,75% à 3,5%. Conformément à des décisions prises en mars, l'écart entre ce taux et celui des opérations principales de refinancement ne dépassera pas 15 points de base, si bien que ce dernier sera ramené de 4,25 à 3,65%. En outre, l'écart entre le taux des opérations principales de refinancement et celui de la facilité de prêt marginal ne pouvant dépasser 25 points de base, ce dernier sera ramené de 4,50 à 3,90%.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a justifié la décision prise sur la base de trois critères. Premièrement, les dernières données disponibles confirment que « nous nous rapprochons de notre cible [une inflation de 2%, NDLR] en temps voulu », soit avant fin 2025, a-t-elle indiqué. Jeudi, la BCE a dévoilé de nouvelles prévisions en matière de hausse moyenne des prix dans la zone euro, qui suivraient la trajectoire suivante: 2,5% en 2024, 2,2% en 2025 et 1,9% en 2026. Une légère remontée est toutefois à attendre d'ici fin 2024.

Néanmoins, la situation concernant l'inflation sous-jacente (hors prix alimentaires et de l'énergie) n'est toujours « pas satisfaisante », car revue légèrement à la hausse pour 2024 (2,9%) et 2025 (2,3%), a admis Mme Lagarde, préconisant de rester attentifs à cette donnée. Elle a relevé que les prix dans le secteur des services, l'une des composantes de cette inflation sous-jacente, avaient récemment augmenté, en raison de hausses salariales qui devraient s'estomper courant 2025.

Troisièmement, l'impact de la politique monétaire est visible dans l'économie, quoiqu'avec un certain délai. Avec les hausses des taux, « nous observons que les conditions de financement continuent d'être restrictives », a noté Mme Lagarde.

Interrogée sur les décisions monétaires futures de la BCE, dont le Conseil des gouverneurs se réunira la prochaine fois dans cinq semaines à Ljubljana, la présidente a réitéré le message habituel selon lequel le Conseil des gouverneurs ne s'engage à l'avance sur aucune trajectoire de réduction de l'inflation et que toute décision sera prise au cas par cas et sur la base de données actualisées.

Croissance. Jeudi, l'ancienne patronne du FMI a indiqué que les risques baissiers pesant sur la croissance, notamment les risques géopolitiques, continuaient de prédominer. La production de richesses, évaluée à 0,2% du PIB au deuxième trimestre, a été tirée par les exportations et les dépenses publiques, la consommation demeurant à la traîne. Si les services s'en sortent convenablement, l'industrie et la construction connaissent des difficultés.

En fin de compte, la BCE a révisé légèrement à la baisse ses prévisions de croissance au niveau de l'Eurozone, selon la trajectoire suivante : 0,8% du PIB en 2024, 1,3% en 2025 et 1,5% en 2026. Néanmoins, « nous nous attendons à ce que la reprise se renforce au fil du temps », a dit Mme Lagarde.

S'appuyant sur les recommandations des rapports Draghi sur la compétitivité européenne (EUROPE 13478/1) et Letta sur le marché intérieur (EUROPE 13393/3), elle a souligné l'urgence pour les États membres de procéder aux « réformes » pour stimuler leur économie. Elle les a aussi invités à appliquer « sans retard » le Pacte de stabilité révisé afin de consolider leurs finances publiques.

Voir les décisions de politique monétaire : https://aeur.eu/f/df4 (Mathieu Bion)

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