Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a exhorté, jeudi 12 septembre, les dirigeants libanais à travailler ensemble dans l’intérêt du pays.
« J’exhorte tous les dirigeants libanais à travailler ensemble dans l’intérêt de la nation libanaise et de l’État du Liban – et de personne d’autre », a-t-il plaidé lors d’une conférence de presse avec le ministre libanais des Affaires étrangères et des Émigrés par intérim, Abdallah Bou Habib, à Beyrouth. Le Haut Représentant a promis que l'UE était prête à continuer de soutenir le Liban et ses dirigeants pour relever les défis de la stabilité. « Mais nous ne pouvons aider à surmonter les obstacles internes que si les Libanais s’aident eux-mêmes », a insisté M. Borrell. M. Bou Habib a salué le soutien continu de l’UE à son pays.
M. Borrell a aussi demandé à toutes les parties de désamorcer les tensions militaires entre le Liban et Israël. « Selon les Nations Unies, plus de 4 000 bâtiments résidentiels ont été complètement détruits au Sud-Liban. Plus de 110 000 Libanais ont été contraints de quitter leur domicile depuis octobre 2023. La même chose se produit de l’autre côté de la Ligne bleue », a-t-il regretté.
Le Haut Représentant a donc appelé à la mise en œuvre « intégrale et symétrique » de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU qui devrait, selon lui, ouvrir la voie à un règlement global, comprenant la démarcation des frontières terrestres et le retour des populations, ainsi que les travaux de reconstruction dans les zones frontalières touchées. M. Bou Habib a rappelé l’engagement de son pays à une telle mise en œuvre.
Le Haut Représentant a également plaidé pour des institutions fonctionnelles et des réformes. « Pour que le Liban garantisse la stabilité et la paix, des institutions nationales fonctionnelles doivent être rétablies – y compris la Présidence de la République et le Conseil des ministres », a-t-il souligné. Selon M. Borrell, il n’y a aucun moyen pour les Libanais de défendre leurs intérêts à l’étranger sans être, en premier lieu, « stables et unis » chez eux.
Il a appelé le Liban à redresser son économie et à réformer le secteur bancaire. « C’est crucial », a souligné le représentant européen, révélant avoir entendu de ses interlocuteurs que c’était la voie à suivre et espérant que cela se produise bientôt. « J’espère que vous saurez pousser le Liban vers un chemin combinant liberté politique, prospérité économique et cohésion sociale », a-t-il lancé au ministre.
Le Haut Représentant et le ministre sont également revenus sur les conflits voisins, à Gaza et en Syrie. Si le ministre a salué la révision de la stratégie de l’Union sur la Syrie, comme demandé par huit États membres (EUROPE 13458/8), M. Borrell s’est contenté de qualifier le conflit syrien de « crise non résolue ». « L’UE peut jouer un rôle constructif pour trouver des solutions durables pour favoriser le relèvement rapide et encourager le retour sûr et digne des Syriens, pour la plupart déplacés pour des raisons économiques », a estimé M. Bou Habib. (Camille-Cerise Gessant)