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Bulletin Quotidien Europe N° 13481
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Face à la commission de l'environnement du Parlement européen, la Commission admet des progrès insuffisants et appelle à des actions renforcées

La commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen a tenu, jeudi 12 septembre, une session d’échange de vues avec la Commission européenne pour évaluer le fonctionnement des textes législatifs clés adoptés lors des précédents mandats, dans le cadre du paquet 'Fit for 55'. Le règlement sur l’utilisation des terres, le changement d’affectation des sols et de la foresterie (UTCATF), la loi européenne sur le climat, le système d’échange de quotas d’émission (ETS) et le règlement sur le partage de l’effort (ESR) ont été examinés.

Alors que l’UE s’efforce d’atteindre ses objectifs de réduction de 55% des émissions de carbone d’ici 2030, les rapports de la Commission montrent que les progrès sont insuffisants, notamment en matière d'absorption nette de carbone.

La directrice à la Direction générale de l’action pour le climat (DG CLIMA) de la Commission européenne au sein du département ‘Stratégie, Analyse et Planning’, Yvon Slingenberg, a rappelé que « l’UE a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 32,5% depuis 1990, tout en voyant son économie croître de 67% ».

Cependant, elle a averti qu’il est nécessaire de « significativement réduire les émissions » dans des secteurs tels que les transports et les bâtiments, tout en soulignant les difficultés croissantes concernant la dégradation des puits de carbone naturels, comme les forêts européennes. 

Enfin, Mme Slingenberg a appelé à renforcer la résilience face aux impacts climatiques croissants, avec des mesures audacieuses et un plan d'adaptation au climat européen.

Face à cette évaluation, Peter Liese (PPE, allemand) a partagé son inquiétude sur l'écart persistant entre les objectifs et les progrès. « Ce que j’entends de la Commission n’est pas une bonne nouvelle. Nous ne sommes pas sur la bonne voie dans plusieurs domaines de la politique climatique », a-t-il affirmé. 

M. Liese a cependant insisté sur l’efficacité des mesures basées sur le marché, comme l’ETS, soulignant qu’elles sont « efficaces et permettent d’atteindre nos objectifs de manière rentable ».

Javi López (S&D, espagnol) a renforcé cet appel à l'action, dénonçant « un écart important entre ce que nous devons faire et ce que nous prévoyons de faire », a-t-il souligné, appelant à une intensification des efforts dans des secteurs clés comme les transports, les bâtiments et l’agriculture.

Puits de carbone. La question des puits de carbone, essentiels pour l’absorption du CO2, a été un autre point central du débat.

Norbert Lins (PPE, allemand) a rappelé les efforts réalisés dans le secteur agricole. « En 1990, nous étions à 483 millions de tonnes d’émissions équivalentes, et en 2023, à 366 millions, soit une réduction d’un quart », a-t-il précisé, tout en appelant à une meilleure prise en compte des spécificités des émissions biogéniques de méthane dans les calculs des émissions.

Cesar Luena (S&D, espagnol), pour sa part, a exprimé sa préoccupation face au recul des puits de carbone européens, tels que les forêts. Il a expliqué que les déforestations, les incendies et les récoltes excessives ont gravement affaibli la capacité de l’Europe à capter le carbone. « Nous n’atteindrons pas nos objectifs d’absorption », a-t-il averti, en évoquant l’importance de maintenir une ambition élevée pour le ‘Pacte vert européen’.

Pär Holmgren (Verts/ALE, suédois), a insisté quant à lui sur le fait de mieux protéger les sols européens, appelant à des actions plus fortes pour restaurer ces écosystèmes vitaux.

Justice sociale. L’introduction du système ETS 2 et ses conséquences économiques ont également été au cœur des discussions.

Michael Bloss (Verts/ALE, allemand) a exprimé son inquiétude quant à la hausse des prix du carbone. Il a plaidé pour l’introduction d’un dividende climatique pour épauler les ménages les plus vulnérables, face au fardeau de la transition énergétique.

Emma Fourreau (La Gauche, française) a vivement critiqué les politiques de compensation carbone, pointant le risque de fausse solution face aux défis environnementaux. « Nous ne pouvons pas continuer à compter sur la capacité de la nature à absorber les ravages du capitalisme. Avant de penser à planter des forêts, il faut cesser de les détruire », a-t-elle affirmé, s’opposant à l’artificialisation des sols comme réponse à la déforestation.

Dans la même lignée, Léna Schilling (Verts/ALE, autrichienne) a soulevé le manque de ressources attribuées au Conseil scientifique consultatif européen sur le climat, en appelant à une augmentation significative des moyens pour garantir des décisions éclairées.

Yvon Slingenberg a déclaré que le paquet 'Fit for 55', proposé en juillet 2021, continue d'évoluer et de se mettre en œuvre. Elle a indiqué que des dialogues continus avec les États membres sont essentiels pour garantir l’efficacité des mesures, tout en annonçant la publication d’un rapport d’avancement détaillé en octobre.

Lire les conclusions de la Commission : https://aeur.eu/f/df5  ; https://aeur.eu/f/df6  (Nithya Paquiry) 

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