« Bienvenue au Parlement européen pour les nouveaux députés. Voici une illustration de l’obstination de la Commission », a déclaré Christophe Clergeau (S&D, français), jeudi 12 septembre, en conclusion d’un débat sur le niveau maximum de résidus des pesticides cyproconazole, spirodiclofène, bénomyl, carbendazime et thiophanate-méthyle dans ou sur certains produits importés.
Les deux objections du Parlement au projet d'amendement par la Commission du règlement (CE) n° 396/2005 concernant l'ajustement de ces teneurs maximales en résidus, qui étaient mises au vote en commission de l'Environnement, ont été adoptées par 54 voix pour sur 80 votants.
Les inquiétudes exprimées lors des débats relevaient à la fois du niveau de protection de la santé des consommateurs dans l’UE et de la concurrence déloyale pour les agriculteurs européens.
Par son vote, la commission ENVI a « supprimé la possibilité d’importer des produits tels que les citrons, les mandarines, le sucre, le café, les plantes ornementales, les légumineuses et les produits d’origine animale qui ne respectent pas les limites » de ces substances, a déclaré sur le réseau social X le président de la commission, Antonio Decaro (S&D, italien).
« Nous disposons d’un seuil d’exposition sans danger pour les consommateurs », a tenu à préciser la Commission européenne, qui s’appuie sur une évaluation des risques de l’Autorité européenne pour sécurité des aliments (EFSA).
À propos des inquiétudes sur les importations, la Commission a précisé que, pour le cyproconazole, un niveau pour les aliments pour animaux a été « maintenu », parce que le soja n'est « pas produit en quantité suffisante dans l'UE » et son importation est importante pour les agriculteurs du marché unique.
Des explications que la commission ENVI n'a donc pas jugées suffisantes, Christophe Clergeau, rapporteur sur ce texte, concluant les débats sur un propos tranchant : « La question est simple. Si ces produits ne sont pas dangereux, pourquoi sont-ils interdits pour l'Europe ? » (Florent Servia)