Réunis jeudi 17 octobre avant le début du Conseil européen, les onze dirigeants des gouvernements des États membres issus du PPE et les représentants des partis d’opposition issus du PPE ont adopté une déclaration en cinq points sur l’immigration irrégulière, dans laquelle ils plaident à nouveau pour le financement d’infrastructures physiques aux frontières extérieures et approuvent le principe d’explorer de nouvelles pistes innovantes pour réduire les arrivées de migrants dans l’UE.
« L’immigration irrégulière est l’un des défis les plus importants auxquels l’Europe est confrontée aujourd’hui », écrit le PPE. « Le nouveau ‘Pacte sur la migration et l’asile’ doit être mis en œuvre. Dans le même temps, nous voulons l’améliorer en permanence en travaillant sur des solutions innovantes ».
Infrastructures aux frontières extérieures. « Pour que l’espace Schengen fonctionne, nous devons renforcer la protection de nos frontières extérieures. Pour cela, le personnel de Frontex doit être triplé pour atteindre 30 000 personnes », poursuit la déclaration.
Et « l’UE doit soutenir et financer les infrastructures fixes dans les États membres situés en première ligne. Nous ne pouvons pas permettre à la Russie et à la Biélorussie d’utiliser nos propres valeurs, y compris le droit d’asile, contre nous et de porter atteinte à nos démocraties », écrit encore le PPE.
Le parti plaide encore pour un nouveau Pacte méditerranéen et pour « explorer les possibilités de partenariats globaux avec les pays tiers ». « Nous devons également être prêts à tirer des leçons, maintenant que nous entrons dans la phase de mise en œuvre de l’accord entre l’Italie et l’Albanie. Dans le même esprit, nous devons étudier les options de centres de transit pour les retours qui soulageront la pression sur nos systèmes d’accueil et d’asile ».
Enfin, le PPE demande une politique de retour plus solide et une approche commune « est également nécessaire en ce qui concerne le retour des criminels et des personnes constituant une menace pour la sécurité ».
Les groupes S&D et Renew Europe opposés aux ‘return hubs’. Les groupes S&D et Renew Europe, de leur côté, ont exprimé leur opposition aux projets de création de centres de retour en dehors du territoire de l’UE.
« Les progressistes se sont toujours opposés à toute externalisation de la politique d'asile ou de retour, car cela va à l'encontre du droit international sur lequel repose la législation de l'UE et qui protège le droit d'asile ainsi que le principe de non-refoulement », a ainsi commenté l’Espagnole Iratxe García, chef de file du groupe S&D. « Nous ne pouvons pas discuter de centres de retour ou de solutions innovantes sans une base écrite ancrée dans le droit international respectant les droits de l'homme et la dignité ».
« Nous devons nous concentrer sur une mise en œuvre plus rapide du 'Pacte sur la migration et l'asile', sur le renforcement de Frontex et sur la conclusion d'accords de retour viables, plutôt que sur des projets trompeurs. Les actions nationales unilatérales et la rhétorique populiste empruntée à l'extrême droite mettent en péril l'approche européenne commune dont nous avons besoin », a commenté de son côté la Française Valérie Hayer, cheffe du groupe Renew Europe.
Lien vers la déclaration du PPE : https://aeur.eu/f/dxa (Solenn Paulic)