Les eurodéputés ont débattu, mercredi 10 avril, des nouvelles allégations d’ingérence russe au sein du Parlement européen, dans un contexte d’élections européennes approchant à grands pas (EUROPE 13382/12).
Une enquête approfondie sur la question a été demandée par des eurodéputés issus des rangs de plusieurs groupes politiques, à l’image de la présidente du groupe S&D, Iratxe García Pérez (espagnole).
« Nous savons qu’interférer avec les élections est l’un des principaux objectifs de Vladimir Poutine, et nous savons également qu’il dispose d’alliés puissants en Europe : l’extrême droite de Marine Le Pen, Viktor Orbán, Geert Wilders, Matteo Salvini et Alice Weidel », a-t-elle insisté.
« Je suis indignée que des députés de cette Assemblée et des candidats aux élections européennes soient suspectés d’être stipendiés par le gouvernement russe et ses agents. Payés pour diffuser la propagande du Kremlin », a déclaré, pour sa part, la présidente du groupe Renew Europe, Valérie Hayer (française).
Par l’intermédiaire de Mme Hayer, Renew Europe, qui fait partie, aux côtés du PPE et du S&D, des groupes à l’initiative du débat sur le sujet, a aussi appelé à ce que les noms des personnes concernées par les allégations d’ingérence soient divulgués, « afin de garantir que ces personnes ne puissent poursuivre leurs activités » au Parlement « ni ne puissent exercer aucune responsabilité - tant que nous n'aurons pas éclairci cette affaire ».
« Il est de notre responsabilité de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger notre démocratie et nos valeurs », a complété Gilles Boyer (Renew Europe, français).
Ce débat intervient alors qu’un scandale de corruption éclabousse le Parlement européen depuis la fin du mois de mars, lorsque les premières allégations ont vu le jour, notamment par le biais du Premier ministre belge, Alexander De Croo, qui assurait que la Russie avait approché et payé des eurodéputés pour servir ses intérêts. La veille, la République tchèque avait annoncé la fermeture du site Voice of Europe, média soupçonné de servir de support à la propagande russe au sein de l'UE. (Thomas Mangin)