Les eurodéputés réunis en session plénière à Bruxelles, jeudi 11 avril, ont adopté (336 voix pour, 163 contre et 39 abstentions) une résolution demandant l'intégration du droit à l'avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l'UE.
Il s’agit là d’une demande qui avait déjà été formulée, notamment en juillet 2022, afin de dénoncer le recul des droits à l'avortement observé aux États-Unis.
Contre le recul des droits des femmes et les restrictions sur la santé et les droits sexuels et génésiques au sein de l'UE, la résolution propose de modifier l'article 3 de la Charte pour garantir à chacun le droit à l'autonomie physique et un accès universel aux services de santé sexuelle et génésique, incluant l'avortement sûr et légal, sans discrimination. Néanmoins, toute modification de la Charte nécessite l'unanimité des États membres, et la santé reste une compétence nationale.
Le texte exhorte également à la dépénalisation totale de l'avortement, conformément aux directives de l'OMS 2022, et critique les restrictions sévères en Pologne et à Malte. Il souligne le problème des refus d'avortement pour motifs de conscience par certains médecins et institutions, risquant la santé des personnes concernées.
Face à cela, le Parlement appelle à une éducation sexuelle complète, à la disponibilité de contraceptifs sûrs et gratuits, et à la suppression des obstacles à l'avortement, particulièrement pour les femmes défavorisées. En outre, il exprime son inquiétude quant au financement des groupes anti-genre et anti-choix et demande à la Commission et aux États membres de ne pas les soutenir financièrement et d'augmenter le financement pour la santé reproductive.
Voir le texte adopté : https://aeur.eu/f/bqm (Nithya Paquiry)