Les chefs d’État et de gouvernement se pencheront, jeudi 21 mars, sur l’état de préparation de la défense de l’UE.
« Alors que nous sommes confrontés à la plus grande menace à notre sécurité depuis la Seconde Guerre mondiale, il est grand temps de prendre des mesures radicales et concrètes pour être prêts à nous défendre et de mettre l’économie de l’UE sur le 'pied de guerre' », prévient le président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa lettre d’invitation au sommet.
« L’Union européenne est déterminée à accroître son état de préparation et ses capacités globales de défense pour répondre à ses besoins et à ses ambitions dans un contexte de menaces et de défis de sécurité croissants », devraient souligner les dirigeants européens, selon un projet de conclusions.
« La base technologique et industrielle de défense européenne doit être renforcée dans toute l’Union » et « l’amélioration de l’état de préparation de la défense et le renforcement de la souveraineté de l’Union nécessiteront des efforts supplémentaires », devraient prévenir les États membres, listant ce qui devrait être fait (EUROPE 13370/2).
Si le point était peu développé dans le projet de conclusions du 11 mars, dont Agence Europe avait eu copie, selon ce projet, le Conseil devrait notamment demander une amélioration de l’accès de l’industrie européenne de la défense aux financements publics et privés. Dans ce contexte, le Conseil européen devrait inviter le Conseil et la Commission « à explorer toutes les options permettant de mobiliser des financements et à faire rapport d'ici juin ». « Par ailleurs, la Banque européenne d'investissement est invitée à adapter sa politique de prêt à l'industrie de défense et sa définition actuelle des biens à double usage, tout en préservant sa capacité de financement », ajoute le document. Le 18 mars, 14 États membres ont appelé la BEI à s'impliquer davantage dans le financement de la défense (EUROPE 13373/15).
Les dirigeants pourraient discuter de la possibilité d’eurobonds pour la Défense, défendus par la Premiere ministre estonienne ou le Président français, mais qui ne font pas encore l’unanimité des Vingt-sept. « Ce que nous voulons, c'est ne pas avoir de limitation a priori sur les sources de financement qui peuvent être imaginées ou mobilisables. Et donc, celle des eurobonds, pour nous, fait partie du paysage et doit être examinée », a expliqué une source de l'Élysée. Certains États membres mettent davantage l’accent sur les investissements privés, estimant qu’une industrie fondée sur le marché coûte très cher.
Les chefs d'État ou de gouvernement devraient aussi demander que les travaux sur la communication conjointe sur une stratégie industrielle européenne de défense (EDIS) et la proposition d'accompagnement relative à un programme pour l'industrie européenne de la défense (EDIP) avancent rapidement.
Par ailleurs, mercredi 20 mars, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé avoir demandé à l’ancien président finlandais Sauli Niinistö – qui a accepté – de préparer un rapport sur la manière d’améliorer l’état de préparation civile et de défense de l'Europe (Europe's civilian and defence preparedness and readiness). Il sera élaboré en étroite coopération avec le Haut Représentant de l'UE et les États membres, a-t-elle précisé. Selon Mme von der Leyen, l’UE pourrait apprendre de la Finlande, qui dispose d'une stratégie globale de protection civile, afin que la population puisse être préparée à toutes les situations d'urgence, y compris les menaces militaires.
Voir le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/bfg (Camille-Cerise Gessant, avec la rédaction)