La famille européenne libérale et du centre-droit a officiellement lancé sa campagne et sa plateforme « Renew Europe Now », mercredi 20 mars à Bruxelles, en présence de figures importantes de la famille politique, telles que Kaja Kallas, Věra Jourová, Didier Reynders ou encore Thierry Breton. Le sujet de la sécurité collective était sur toutes les lèvres.
Lors de ce lancement, les candidats principaux des trois entités formant la plateforme, l'Allemande Marie-Agnes Strack-Zimmermann pour l’ALDE, l'Italien Sandro Gozi pour le 'Parti démocrate européen' (PDE) et la Française Valérie Hayer pour les non affiliés (EUROPE 13374/29), ont été officiellement présentés aux électeurs. Ces trois personnalités mèneront ensemble la campagne électorale face aux 'Spitzenkandidaten' des autres familles politiques.
A leur arrivée au Musées royaux d’Art et d’Histoire, ils se sont dit fiers, devant la presse, de cette configuration qui leur permettra de faire campagne en tant que candidats aux élections « pour les citoyens » et non pour eux-mêmes, faisant, explicitement, un pied de nez aux têtes de liste des partis européens PPE, Ursula von der Leyen, et PSE, Nicolas Schmit.
Ils ont également rappelé brièvement les priorités du groupe (voir autre nouvelle) sur la migration, la défense ou encore la compétitivité.
Également présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen, Valérie Hayer a mis une nouvelle fois l’accent sur la lutte contre les extrêmes : « Il n’y a pas de flirt (possible) avec les extrêmes, avec les populistes. Nous voulons façonner l'Europe à partir du centre politique avec des forces pro-européennes ».
Sandro Gozi, quant à lui, a expliqué que le groupe était fier de ce qu’il avait réalisé depuis sa création : « l-L’Europe a commencé à changer depuis 2019 et en grande partie grâce à Renew Europe. Nous voulons continuer à changer en commençant par les priorités. La défense est notre plus grande priorité et, à cette fin, nous voulons doter l’Union européenne des moyens militaires et économiques et être clairs là-dessus ».
Interrogée spécifiquement sur la guerre d’agression de la Russie en Ukraine, Marie-Agnes Strack-Zimmermann a affirmé que l'Ukraine avait un avenir au sein de l'UE et que la Russie ne pouvait pas triompher. « Nous devons mettre fin au conflit et nous tenir debout en tant qu'Europe pour expliquer et montrer à la Russie que ceci n'est pas l'avenir de notre monde ».
Sur la scène, la Première ministre estonienne, Kaja Kallas, a pris la parole pour réaffirmer l’importance de la solidarité européenne et des libertés individuelles.
Elle a appelé, elle aussi, à renforcer la sécurité collective de l’UE : « Nous devons renforcer notre état de préparation en matière de défense et veiller à ce que les pays de l'UE puissent se défendre. Il est aussi nécessaire de sécuriser notre marché économique pour assurer notre sécurité ».
Plusieurs commissaires européens se sont ensuite exprimés sur leurs sujets de prédilection.
Margrethe Vestager, commissaire à la Concurrence, a salué l’efficacité du marché libre européen, alors que son homologue à l’Energie, Kadri Simson, a mis l'accent sur les actions menées par l’UE depuis deux ans pour diversifier les approvisionnements énergétiques et assurer la sécurité de l’UE.
Didier Reynders, commissaire européen à la Justice, a déclaré que sa famille politique était à l’avant-poste du respect de l’État de droit et des droits fondamentaux, tandis que Thierry Breton, commissaire au Marché intérieur, a insisté sur l'importance de la compétitivité de l’UE.
Les sondages actuels prédisent une perte de sièges importante pour Renew Europe, actuellement le troisième groupe du PE, qui le relèguerait éventuellement à la cinquième place, derrière les groupes ID et CRE.
Lors d’une rencontre avec la presse européenne en amont du lancement de la campagne, Valérie Hayer avait expliqué que le nombre de députés compte effectivement, mais qu’il s’agit surtout de conserver son « influence » sur les décisions et les politiques menées.
« Quoi qu’il en soit, Renew restera dans la coalition. (...) On restera la force centrale, à la fois parce qu’on est au point d’équilibre sur les priorités politiques qu’on porte et parce que les autres groupes continueront d’avoir besoin de nous », avait-elle assuré. (Pauline Denys)