Les eurodéputés présents à la 68e Commission des Nations Unies sur le statut de la femme (CSW68) (EUROPE 13368/22) ont organisé, mardi 19 mars à New York, un événement parallèle pour promouvoir l'inclusion économique des femmes sur le marché du travail. Ces discussions s'inscrivent dans la lignée de la résolution votée par le PE en février, appelant à l'égalité des chances dans le domaine de l’emploi et celui de l'éducation (EUROPE 13347/18).
Lors des échanges, la conférencière principale, Dr. Jemimah Njuki, responsable de l'autonomisation économique au sein de l’Entité des Nations Unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes (ONU Femmes, ou en anglais, UN Women) a souligné l'urgence d'aborder les obstacles multifacettes à l'inclusion économique complète des femmes.
Le Dr. Njuki a mentionné des statistiques alarmantes, selon lesquelles, sans mesures proactives, plus de 340 millions de femmes et filles resteront dans une extrême pauvreté d'ici 2030. Son discours plaidait pour la transformation des normes de genre, l'engagement des alliés et l'adoption de politiques sensibles au genre.
L'événement a également comporté une discussion sur la problématique de l'écart de rémunération entre les genres, modérée par Frances Fitzgerald (PPE, irlandaise).
Mesures législatives et normes sociales. Mme Fitzgerald, ainsi que deux autres parlementaires, Samira Rafaela (Renew Europe, néerlandaise) et Evelyn Regner (S&D autrichienne), se sont penchées sur les avancées législatives réalisées par le Parlement européen. Ces interventions ont reflété une approche holistique et multidimensionnelle de la lutte contre les inégalités de genre, en s'attaquant à la fois aux structures législatives et aux normes sociales pour parvenir à une véritable égalité.
Frances Fitzgerald a mis en avant des initiatives importantes telles que la stratégie en matière de soins, la convention d'Istanbul (EUROPE 13262/20) et la directive sur la transparence salariale (EUROPE 13107/14). Elle a souligné le coût de la violence contre les femmes et l'importance d'une action gouvernementale pour soutenir les femmes économiquement.
Samira Rafaela a également mentionné la directive sur la transparence des rémunérations, dont elle est la rapportrice, comme une étape majeure, avec le droit à l'information sur les salaires, permettant ainsi de meilleures positions de négociation et des recours juridiques contre la discrimination salariale.
Mme Rafaela a appelé à une prise de conscience et à un changement dans la perception des professions dominées par les femmes, sous-estimées, en déclarant que l'égalité de genre n'est pas seulement une question de justice sociale, mais aussi un choix économique intelligent.
De son côté, Evelyn Regner s'est concentrée sur les problèmes rencontrés par les femmes âgées de plus de 65 ans, liant réduction de la participation au travail et responsabilités de soin à un risque accru de pauvreté. Elle a insisté sur des actions concrètes pour l'autonomie financière des femmes et le rôle des directives européennes pour encourager le 'leadership' féminin. (Nithya Paquiry)