Quatorze États membres - la Finlande, la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, l'Estonie, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie et la Suède - ont formulé, dimanche 17 mars, des idées pour impliquer davantage la Banque européenne d'investissement (BEI) dans le financement du secteur européen de la défense.
« Nous devons discuter d'urgence des moyens de permettre à la BEI d'investir davantage dans le secteur de la sécurité et de la défense », estiment ces pays dans une lettre adressée au Premier ministre belge, Alexander De Croo, au président du Conseil européen, Charles Michel, et à la présidente de la BEI, Nadia Calviño.
Lors de la réunion informelle des ministres européens des Finances, à Gand, Mme Calviño avait fait de la sécurité et de la défense une des priorités stratégiques de son mandat (EUROPE 13357/9). Elle avait aussi évoqué une réflexion en cours sur une redéfinition des biens à double usage, comme les drones, pour la production desquels la BEI est habilitée à investir, des conclusions étant attendues dans les deux mois.
La Banque de l'UE n'est pas autorisée à soutenir la production d'armements et de munitions.
Or, d'après les quatorze États membres, il convient d'« explorer les différentes possibilités qui autoriseraient la BEI d'investir dans des domaines liés à la défense qui aillent au-delà des projets visant les biens à double usage ». Cela reviendrait à « réévaluer les définitions actuelles des projets impliquant des produits à double usage ainsi que la liste des activités exclues, et à reconsidérer sa politique de prêt à l'industrie de la défense », ajoutent-ils.
Les signataires de la lettre estiment également nécessaire d'apporter « des clarifications » concernant la taxonomie de l'UE et le reporting 'ESG' en matière de financement durable afin de « garantir qu'il n'y ait pas de restrictions » aux investissements dans la défense basées sur le droit de l'UE.
La BEI va aussi créer un guichet unique pour faciliter et accélérer la mobilisation de l'initiative 'SESI' dans le domaine de la sécurité, dotée de 8 milliards d'euros, mais uniquement engagée à hauteur de 2 milliards à ce stade.
Voir la lettre des quatorze pays : https://aeur.eu/f/bdv (Mathieu Bion)