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Bulletin Quotidien Europe N° 13373
ACTION EXTÉRIEURE / Russie

L’UE dénonce l’environnement « très restreint » de l’élection présidentielle russe

Le Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a dénoncé, lundi 18 mars, dans une déclaration au nom des Vingt-sept, la tenue de l’élection présidentielle en Russie du 15 au 17 mars, dans un « environnement (politique) très restreint ».

Vladimir Poutine a été réélu pour 6 ans avec 87,28% des voix.

« Les élections se sont déroulées dans un espace politique de plus en plus restreint, ce qui a entraîné une augmentation alarmante des violations des droits civils et politiques, empêché de nombreux candidats de se présenter et privé les électeurs russes d'un choix réel et a fortement limité leur accès à des informations précises », a résumé M. Borrell.

L’UE a aussi regretté la décision de la Russie de ne pas inviter les observateurs de l'OSCE au scrutin, estimant que cela privait les électeurs et les institutions russes d’une évaluation impartiale et indépendante de l'élection.

Le Haut Représentant a rappelé que les autorités russes avaient continué d’intensifier la répression interne systématique en réprimant l’opposition politique, la société civile, les médias indépendants et d’autres voix critiques en recourant à des lois répressives et à des peines de prison politiquement motivées.

De plus, M. Borrell a estimé que la « mort choquante » d'Alexeï Navalny à l’approche des élections est un signe supplémentaire de l’accélération et de la répression systématique. À l'issue du Conseil des Affaires étrangères, le Haut Représentant a annoncé que les ministres avaient donné leur accord pour des sanctions à l'encontre des responsables du meurtre de M. Navalny. Selon lui, 30 personnes et entités seraient concernées sous le régime de sanctions de l'UE liées aux violations des droits de l'homme.

À son arrivée au Conseil, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a estimé que le scrutin en Russie avait été « une élection sans choix ». Son homologue estonien, Margus Tsahkna, a qualifié l’élection de « farce », ajoutant que la place légitime de M. Poutine était devant les tribunaux internationaux à La Haye. La ministre belge, Hadja Lahbib, a estimé qu’il fallait lutter contre la dictature de Poutine.

Dans sa déclaration, l’UE a aussi fermement condamné la tenue illégale de 'soi-disant élections' dans les territoires de l'Ukraine temporairement occupés par la Russie, « violation manifeste » du droit international et de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. L’UE a réaffirmé qu’elle ne reconnaîtra jamais la tenue de ces scrutins sur les territoires ukrainiens ni leurs résultats. « Les dirigeants politiques russes et ceux qui ont participé à leur organisation subiront les conséquences de ces actions illégales », a prévenu M. Borrell.

Dans un communiqué, le groupe PPE au Parlement européen a demandé aux ministres des Affaires étrangères de déclarer que M. Poutine n'est pas un « président légitime » de la Russie. « Discuter de la légitimité de Poutine revient à discuter de la légitimité d’un chef mafieux (...). Désormais, nous pouvons appeler Poutine de nombreuses façons : dictateur, criminel de guerre, chef de la mafia du Kremlin, mais nous ne pouvons pas l’appeler président », a estimé le rapporteur du PE pour la Russie, Andrius Kubilius (PPE, lituanien). (Camille-Cerise Gessant)

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