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Bulletin Quotidien Europe N° 13371
INSTITUTIONNEL / Interview pe2024

Sandro Gozi a bon espoir que la plateforme Renew Europe sera représentée dans les ‘Top jobs’ après les élections européennes de juin

Nommé candidat principal du 'Parti démocrate européen' (PDE) le 8 mars dernier (EUROPE 13367/4), l’actuel secrétaire général du parti et membre de la délégation Renaissance du groupe Renew Europe au Parlement européen depuis 2020, Sandro Gozi, revient sur ses priorités de campagne et celles de la plateforme 'Renew Europe Now', qui sera lancée le 20 mars à Bruxelles. Face à une percée de l’extrême droite annoncée par les sondages actuels, il a affirmé, lundi 11 mars à Agence Europe, qu'une partie importante de l’élection se jouera en Italie, où il espère encore que les partis italiens membres de Renew Europe constitueront une liste commune. Il reste également persuadé que sa famille politique sera représentée dans les hautes fonctions européennes à pourvoir après les élections, et rappelle les priorités du groupe en termes de défense, d’État de droit ou encore d’élargissement. (propos recueillis par Pauline Denys

Agence Europe - Quelles sont vos priorités en tant que candidat principal du parti démocrate européen ?

Sandro Gozi - Tout d'abord, il s’agit de mettre en valeur ce que nous avons fait. L'alliance Renew Europe est une nouvelle alliance que nous avons créée en 2019. Nous avons obtenu des résultats importants. Je pense aux avancées en matière d’État de droit, au Plan de relance dans l'après-Covid, aux premier pas - bien qu’insuffisants - en matière de défense, et à tout ce que nous avons fait dans le numérique.

Et puis, je crois que cette élection européenne, c'est, sans rhétorique, l'élection la plus importante depuis qu'on élit le Parlement européen au suffrage universel direct. L'Histoire s'est accélérée à une vitesse phénoménale. On a la guerre aux portes de l'Union européenne, on a un conflit majeur en Israël et en Palestine et on a des postures impérialistes de la part de la Russie et de la Chine.

Donc il est clair que notre priorité doit être la construction de cette Europe puissante. C’est absolument fondamental. 

Quelle est donc la réponse que vous envisagez pour construire cette Europe « puissante » ?

Premièrement, nous devons accélérer la stratégie de défense et accélérer aussi la création de nouvelles ressources pour avoir une véritable politique en la matière. Cela veut dire avoir une industrie et développer des capacités communes dans le domaine de la défense. C’est sans doute, selon moi, la première réponse aux défis de l'Histoire que nous rencontrons. La construction de cette puissance européenne est absolument fondamentale.

Deuxièmement, il s'agit de défier frontalement les nationalistes et les souverainistes. En 2016, le slogan « take back control » était sans doute une bonne question. Là où ont échoué les souverainistes et les nationalistes, c'est dans la réponse. Parce que la réponse ne peut pas être sortir de l'Europe, fuir ses responsabilités, essayer d'échapper et de sortir de l'Histoire comme on l'a vu avec le Brexit et ses conséquences négatives. 

Quelles priorités vont être présentées aux citoyens européens le 20 mars, lors du lancement officiel de la campagne de la plateforme 'Renew Europe Now' ?

La défense, l'immigration, les valeurs, la défense de l'État de droit et, évidemment, on va insister énormément sur la question de l'éducation, de la connaissance et de la culture. Nous pensons qu'il y a une grosse demande aussi d'une action européenne dans ce domaine, et c'est ce qui chapeaute un peu tout. Nous voulons réformer l'Union pour unifier le continent européen. Nous sommes en faveur de l'ouverture à l'Ukraine, aux Balkans.

Mais ceci doit aller de pair avec une révision des traités et une réforme importante de l'Union. Si vous voulez, c’est le chapeau final qui englobe ces priorités. Après, il y en aura d'autres, mais ce sont celles qui ressortent, selon moi.

Au niveau international, nous allons proposer une alliance des démocraties. Nous pensons qu'il faut réorganiser aussi le monde autour des alliances avec les démocraties libérales, étant donné qu'il y a de plus en plus de systèmes qui veulent les mettre en échec. Et ceci commence par une alliance avec les démocrates américains. Donc, contrairement au PPE, nous n’avons pas de doute, nous soutenons pleinement Joe Biden et pas Donald Trump. 

Le système au sein de Renew Europe consiste en la présentation d’une plateforme avec un trio de candidats principaux (pour le PDE, ALDE (EUROPE 13368/7) et Renaissance), au lieu de la nomination d’un unique Spitzenkandidat. Pourquoi ce choix ?

Pour le PDE, c’est très clair, il ne peut pas y avoir des têtes de liste sans les listes. Il ne peut pas y avoir un numéro 1 d'une liste qui n'existe pas. Nous nous sommes battus pour introduire les listes transnationales. Nous avons obtenu un résultat très important en tant que groupe, que nous devons revendiquer. Pour la première fois, le Parlement européen a adopté une loi électorale européenne qui améliore les choses du point de vue de l'égalité des genres, de la protection des handicaps dans les élections, de la jeunesse, du vote électronique, mais elle introduit aussi finalement la possibilité de voter directement pour les partis politiques européens.

Nous pensons que cette loi doit être approuvée par le Conseil, qui est bloqué là-dessus (EUROPE 13293/24). Pour nous, c'est une priorité et nous voulons reprendre cette bataille après juin 2024. Tant qu’on n’a pas ces listes transnationales, le système des têtes de liste n'a pas la légitimité nécessaire. On n'est plus en 2014, on a maintenant une loi électorale sur la table. C'est là-dessus que nous devons travailler.

Donc, il n'y aura pas un Spitzenkandidat ; il y aura une « Team Europe ». Et ça, c'est la position des démocrates européens. 

Peut-on dire que cette proposition de listes transnationales est dans l’ADN du groupe Renew Europe ?

C'est dans l'ADN du groupe, c'est dans l'ADN des démocrates européens, c'est dans mon ADN. Comme vous le savez, je suis le premier ancien ministre d'un pays qui a été élu dans un autre pays parce que je suis allé en France, et c'est une des missions qui m'a été confiée et sur laquelle je me sens encore fortement engagé. 

Les sondages actuels indiquent une perte de plus de 20 sièges pour le groupe Renew Europe au Parlement européen. Est-ce que c’est quelque chose qui vous alarme à ce stade ?

Non, parce que la campagne vient de commencer et commencera pour nous officiellement le 20 mars. On discutera des résultats à la fin de la campagne, pas avant de commencer la campagne. Sans doute, les sondages donnent des indications, mais tout est à faire.

Il est clair que, de ce point de vue, notre principal problème s'appelle l’Italie. Nous avons pris des initiatives pour encourager les partis italiens qui sont membres de Renew Europe à faire une liste commune très fédéraliste, très pro-européenne. Ceci n'a pas été possible, jusqu’à présent, à cause du veto d'un des partis, Azione, et nous pensons que ceci est une erreur grave. Évidemment, nous respectons l'autonomie décisionnelle des partis, mais, sans doute, en Italie se joue une partie très importante de notre course contre les nationalistes.  

Quelles sont vos craintes concernant cette percée de l’extrême droite et qu’est-ce que cela impliquerait, selon vous, au niveau de l'Union pour les décisions politiques à venir ?

Vous devriez poser la question au Parti populaire européen. Contrairement à Ursula von der Leyen et au PPE, pour moi c’est clair, il y a deux extrêmes droites au Parlement européen, pas seulement une. Moi, je ne suis pas uniquement un adversaire au groupe de Le Pen, de Salvini et d'Alternative für Deutschland (AfD). Je suis aussi alternatif aux post-franquistes de Vox, aux réactionnaires du PiS et aux extrémistes de droite de Fratelli d’Italia.

Et pour nous, c'est impossible de faire des alliances politiques avec ID et avec CRE. Le PPE, Roberta Metsola, Ursula von der Leyen me semblent beaucoup plus ambigus là-dessus. Et il serait bon qu'ils fassent un peu plus de clarté, parce que les déclarations d’Ursula von der Leyen dans lesquelles elle exclut toute alliance avec l'ID et laisse ambiguë sa relation avec les post-franquistes de Vox ou avec les extrémistes de droite de Fratelli d’Italia m'interrogent. C'est donc à elle que vous devez poser la question.

Pour nous, les choses sont très claires : pas d'alliances avec eux. 

Concernant les ‘top jobs’, est-ce que votre groupe espère pouvoir garder, si pas la présidence du Conseil européen, un autre poste important au sein des institutions ?

Oui, je suis sûr que notre famille politique sera représentée dans les ‘top jobs’, et je crois que nous devrons tout faire pour nous renforcer, pour renforcer notre position politique, mais aussi pour être plus forts dans la négociation pour les ‘top jobs’ post-élections.

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