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Bulletin Quotidien Europe N° 13369
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

La Commission dévoile sa toute première approche pour faire face aux risques climatiques grandissants

En réponse à la publication de la toute première évaluation européenne des risques climatiques, publiée par l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) la veille (EUROPE 13368/11), la Commission européenne a dévoilé, mardi 12 mars, sa communication visant à anticiper et se prémunir des risques climatiques ainsi qu’à favoriser la résilience climatique.

« Il faut comprendre en quoi consiste cette communication. Il s’agit d’une trajectoire, de la toute première approche pour faire face au problème (...) et non pas d’un plan de mise en œuvre pour chaque action. (...) Il s’agit également du financement, de faire en sorte que ça se généralise », a expliqué le commissaire européen à l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, lors d’une conférence de presse au Parlement européen, à Strasbourg.

La Commission dévoile donc ses premières propositions d’action concrète pour maintenir les fonctions sociétales et protéger les personnes, la compétitivité économique et la santé des économies et des entreprises de l'UE, tout en garantissant une transition juste. 

Cette publication intervient effectivement dans un contexte politique de remise en cause des mesures du 'Pacte vert européen', sur fond de critiques majeures de la part des agriculteurs ces dernières semaines, mais aussi de partis à droite de l’échiquier politique à l’approche des élections. 

Toutefois, M. Hoekstra a rappelé que l’Europe était le continent qui se réchauffait le plus rapidement et a dit être « persuadé que la Commission, même dans le cadre de son prochain mandat, continuerait à faire avancer les choses » afin de se prémunir des risques climatiques. 

Coûts de l’aggravation des effets du climat. L’idée sous-jacente de sa communication est que l’investissement rapide dans la réduction de la vulnérabilité au changement climatique reviendra à des coûts beaucoup plus faibles que les sommes considérables nécessaires pour se remettre de ses effets, tels que les sécheresses, les inondations, les incendies de forêt, les maladies, les mauvaises récoltes ou les vagues de chaleur.

Ces derniers, « selon une estimation prudente », pourraient réduire « le PIB de l'UE d'environ 7% d'ici la fin du siècle », indique la communication. Aussi, « si le réchauffement climatique dépasse plus durablement le seuil de 1,5 degré fixé par l'Accord de Paris, la réduction supplémentaire cumulée du PIB de l'UE dans son ensemble pourrait s'élever à 2 400 milliards d'euros, entre 2031 et 2050 ».

En outre, les dommages annuels causés par les inondations côtières en Europe pourraient dépasser 1,6 billion d'euros d'ici à 2100, avec 3,9 millions de personnes exposées aux inondations côtières chaque année.

Champs d’action pour se prémunir des risques. Le plan d'action de la Commission s'articule autour de quatre champs d’action principaux. 

D'abord, une gouvernance améliorée, favorisant une coopération plus étroite entre les niveaux national, régional et local pour le partage des connaissances et des ressources. 

« Alors que des progrès constants peuvent être constatés au niveau de l'UE grâce à la mise en œuvre de la stratégie d'adaptation de l'UE, les États membres ont encore beaucoup à faire en ce qui concerne les aspects liés à la gouvernance, à la sensibilisation, l'équité et la résilience juste, le financement et les solutions fondées sur la nature », précise la communication. 

Elle indique également qu’il existe un décalage entre les projets de Plans nationaux Énergie-Climat (PNEC) et les mesures d'adaptation prévues et mises en œuvre par les États membres. 

Par ailleurs, des outils plus adaptés pour responsabiliser les décideurs politiques, les entreprises et les investisseurs afin de comprendre les liens entre les risques climatiques, les investissements et les stratégies de financement à long terme sont préconisés. Ceci passe notamment par l’accès à des données solides. De manière plus générale, la Commission encourage l'utilisation des systèmes de surveillance, de prévision et d'alerte, notamment via le service Galileo, disponible en 2025.

Les politiques structurelles existantes des États membres exploitées efficacement pour gérer les risques climatiques constituent un autre levier d'action. Ceci comprend notamment l'établissement de liens entre les mécanismes de solidarité au niveau de l'UE - tels que le mécanisme européen de protection civile, le Fonds de solidarité de l'UE et les investissements structurels de la politique de cohésion (ces derniers devraient atteindre 118 milliards entre 2021 et 2027 pour l’adaptation et l’atténuation) - et des mesures de résilience nationales adéquates. 

Enfin, la communication appelle à la mobilisation de fonds suffisants, tant au niveau public que privé. Sur ce point, la Commission se dit prête à aider les États membres à améliorer et à intégrer la budgétisation des risques climatiques dans leurs processus budgétaires. Elle convoquera également un groupe de réflexion sur la mobilisation d'un financement dédié. En outre, elle invite les pays de l’UE à inclure des critères de durabilité environnementale dans les appels d’offres pour les marchés publics. 

Gestion de l’eau

La Commission fait également des propositions d’action pour les six domaines d’impact distincts identifiés par l'AEE : les écosystèmes naturels, la santé, l'alimentation, les infrastructures et l'environnement bâti et l'économie. 

De plus, si la communication sur la gestion de l’eau a finalement été retirée de l’agenda de la Commission, le document actuel comprend un paragraphe spécifique sur le sujet et fait état des menaces qui pèsent sur cette ressource.

Ainsi que le souligne le texte, les sécheresses et inondations, de plus en plus fréquentes, posent des risques significatifs pour la santé publique, la sécurité alimentaire, l'approvisionnement en eau potable et la production énergétique, entraînant d'importantes pertes économiques, sociales et environnementales.

Face à cela, la Commission alerte sur les coûts élevés d'une action insuffisante, évaluant les pertes annuelles dues aux sécheresses à 9 milliards d'euros et celles liées aux inondations à plus de 170 milliards d'euros depuis 1980.

Elle a annoncé vouloir faire le point sur ces questions de manière globale, en s'appuyant sur les évaluations des plans de gestion actuels, tout en affirmant la nécessité d'une conduite intégrée de la problématique de l'eau pour parvenir à une Europe résiliente face aux défis hydriques.

La communication (en anglais) : https://aeur.eu/f/ba4  (Pauline Denys avec Nithya Paquiry)

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