Lundi 11 mars, les eurodéputés de la commission des affaires juridiques (JURI) ont voté à la quasi-unanimité - avec 16 membres pour, un contre et aucune abstention - pour poursuivre la Commission européenne en justice pour une mauvaise utilisation des fonds de l'UE.
Ce vote a pour origine la décision de la Commission européenne, en décembre dernier, de débloquer 10 milliards d'euros de fonds en faveur de la Hongrie avant la tenue du Sommet des chefs d'État et de gouvernement (EUROPE 13314/1). Quelques heures plus tard, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, retirait son veto à l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne.
Pour les eurodéputés, il y a des raisons de croire que la Commission n'a pas fondé sa décision sur des améliorations de la situation de l'État de droit en Hongrie, mais qu'elle a été influencée par des considérations politiques. « Les fonds de l'UE ne devraient être versés que si l'État de droit est garanti. Nous doutons fortement qu'Ursula von der Leyen respecte ce principe dans ses relations avec la Hongrie. 10 milliards d'euros ont été débloqués pour Viktor Orbán sans que les réformes nécessaires aient été réalisées. Pire encore, on soupçonne la Commission d'avoir cédé au chantage d'Orbán. Cela ne devrait pas être possible dans l'UE », a déclaré le député Daniel Freund (Verts/ALE, allemand).
La décision ou non d'engager une procédure judiciaire contre la Commission revient désormais à la présidente du Parlement, Roberta Metsola, qui doit se réunir avec les présidents de groupe et des commissions jeudi, à Strasbourg. (Isalia Stieffatre)