login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13369
SOCIAL - EMPLOI / Social

Les ministres de l'Emploi de l'UE demandent à leurs homologues aux Finances de regarder les investissements sociaux comme des leviers de productivité

Les ministres des États membres de l'Union européenne chargés de l’Emploi et des Affaires sociales et leurs homologues chargés de l’Économie et des Finances ont discuté de la façon dont les investissements sociaux peuvent doper la productivité et la compétitivité de l’UE et permettre également des gains de croissance, a résumé le ministre belge des Finances, Vincent Van Peteghem, mardi 12 mars à Bruxelles.

Les ministres ont ainsi évoqué des exemples spécifiques d’investissements sociaux permettant de doper l’économie et la croissance, par exemple les investissements dans des structures d’accueil de la petite enfance pour permettre d’augmenter le taux d’emploi ou les dépenses dans les infrastructures de santé mentale pour maintenir une population en bonne santé et en capacité de travailler.

Tout l’intérêt de cette discussion est de faire prendre conscience aux ministres des Finances que ces investissements sociaux ne peuvent pas être considérés comme des investissements comme les autres, dont il faudrait regarder le seul effet comptable sur les finances publiques.

Si la réunion n’a pas permis d’avancées concrètes à ce stade, elle a néanmoins été l'occasion pour certains participants de rappeler l’importance d’associer étroitement les formations ‘EPSCO’ et ‘Écofin’ du Conseil de l'UE dans le pilotage de la gouvernance économique au niveau européen.

« Il est nécessaire que nous sortions de nos silos », a ajouté M. Van Peteghem. Selon lui, la « productivité est l'un des principaux moteurs de la compétitivité. Or, si l'on considère la croissance de notre productivité au cours de la dernière décennie, on constate qu'elle stagne. Et surtout, avec les États-Unis, l'écart de productivité se creuse ».

Il sera donc important, a-t-il ajouté, de « se concentrer sur ces réformes et investissements sociaux afin de combler cet écart de productivité. Nous devons donc nous pencher sur la requalification et l'amélioration des compétences, sur les politiques actives de l'emploi ».

La Présidence belge du Conseil va désormais travailler à « mesurer l'impact des investissements sociaux sur la croissance économique et la productivité ».

Si « vous dites que l'investissement social et la réforme sociale ne sont pas un facteur de coût, mais peuvent être un facteur productif, vous devez rendre cela opérationnel. Il faut pouvoir mesurer l'impact de l'investissement social et de la réforme sociale sur la productivité, la croissance et la viabilité budgétaire », a expliqué le vice-premier ministre belge et ministre des Affaires sociales, Frank Vandenbroucke.

Forte du soutien de « nombreux États membres », la Présidence belge entend développer des lignes directrices volontaires sur la manière dont les États membres mesurent quantitativement l'impact et le rendement de la politique sociale.

Socle des droits sociaux dans l’Agenda stratégique

Lundi 11 mars, les ministres de l’Emploi et des Affaires sociales de l’UE avaient évoqué le rôle central du Socle européen des droits sociaux (Objectifs de Porto) dans le futur agenda stratégique dont les Vingt-sept se doteront à l'été.

Des États membres tels que l'Espagne ont insisté sur le renforcement du dialogue social et la lutte contre le chômage avec de nouveaux instruments européens comme SURE.

D'après la France, l’UE s'est montrée réactive face aux pénuries de main-d’œuvre avec l’Année européenne des compétences et un plan d’action à venir (la semaine prochaine). Le représentant a appelé à renforcer les efforts pour accompagner dans l’emploi les personnes qui en sont les plus éloignées et à renforcer l’emploi des jeunes et des seniors.

Des pays comme les Pays-Bas ont aussi appelé à surveiller les abus à la mobilité des travailleurs dans l’UE.

Lettre sur la santé et la sécurité au travail

A également été évoquée lundi la lettre envoyée par Chypre, la République tchèque, le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie, l'Espagne et la Suède exhortant la Commission européenne à accélérer le processus de révision ou de fixation de nouvelles valeurs limites d'exposition aux substances chimiques au travail, notamment en augmentant la capacité à préparer des avis scientifiques sur les substances chimiques.

Ces priorités devraient également occuper une place solide dans le prochain cadre stratégique de l'UE sur la santé et la sécurité au travail, estiment ces pays.

Le commissaire européen à l'Emploi, Nicolas Schmit, s'est dit « convaincu » de la nécessité de maintenir le sujet à l'ordre du jour, rappelant que la Commission avait récemment proposé de nouvelles valeurs limites pour l'amiante ou le plomb. « 41 produits chimiques sont pris en compte pour le moment, et mes services travaillent à un nouvel amendement sur le cobalt », essentiel dans la transition verte, avait-il ajouté.

Lien vers la lettre des quatorze pays : https://aeur.eu/f/b9p (Solenn Paulic)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
Invasion Russe de l'Ukraine
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL - EMPLOI
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
BRÈVES