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Bulletin Quotidien Europe N° 13368
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

La Commission européenne présentera à Strasbourg sa réponse à l’évaluation de l’AEE sur les risques climatiques

L’Europe n’est pas prête à faire face aux risques climatiques grandissants, a indiqué l’Agence européenne pour l’Environnement (AEE) lundi 11 mars, dans le cadre de la publication de la toute première étude sur l’évaluation du risque climatique, qui a alimenté le paquet 'résilience et adaptation climatique' de la Commission européenne, qui sera présenté mardi 12 mars à Strasbourg.

Selon l’AEE, dans de nombreux cas, l'adaptation progressive ne sera pas suffisante.

« Si des mesures décisives ne sont pas prises maintenant, la plupart des risques climatiques identifiés pourraient atteindre des niveaux critiques ou catastrophiques d'ici la fin du siècle. Des centaines de milliers de personnes mourraient à cause des vagues de chaleur et les pertes économiques dues aux seules inondations côtières pourraient dépasser 1 000 milliards d'euros par an », indique le rapport.

Interrogé sur la communication attendue de la part de la Commission européenne, le porte-parole Tim McPhie a expliqué que le travail de l’AEE envoyait « un avertissement très clair et un appel à l'action pour ce qui est à venir. Et la Commission prévoit d'élaborer une réponse politique sur la manière dont nous envisageons (d'agir) à tous les niveaux de gouvernement ».

Il a également expliqué que la communication à venir serait étroitement alignée sur les domaines visés par le rapport du AEE et consisterait en une « réponse » à l'avertissement envoyé par celui-ci.

L’évaluation de l’AEE se concentre effectivement sur 36 risques climatiques majeurs pour l’Europe au sein de 5 domaines généraux : les écosystèmes, la nourriture, la santé, l’infrastructure et l’économie et la finance.

Concernant les écosystèmes, presque tous les risques identifiés dans ce domaine nécessitent une action urgente, particulièrement pour les zones marines et côtières, ayant un impact sur l'alimentation, la santé, les infrastructures et l'économie.

« Une action plus urgente est nécessaire pour prévenir l'augmentation des dommages. Les politiques sont en place, mais la préparation fait défaut et les cibles et objectifs ne sont pas clairs ou sont (conçus) à court terme », a détaillé la directrice exécutive de l’AEE, Leena Ylä-Mononen.

Concernant la nourriture, l'Europe du Sud est confrontée à des risques critiques en matière de production alimentaire en raison de la chaleur et de la sécheresse.

La santé humaine, quant à elle, est affectée le plus gravement par la chaleur tandis que les infrastructures sont confrontées à des menaces accrues dues à des phénomènes météorologiques extrêmes, qui ont des répercussions sur des services essentiels tels que l'énergie, l'eau et les transports.

Les risques climatiques pèsent également sur l'économie européenne, en augmentant les coûts d'assurance, en menaçant les actifs, en augmentant les dépenses publiques et le coût des prêts et en mettant en péril la viabilité du Fonds de solidarité de l'UE, qui est déjà menacée en raison des inondations et des incendies de forêt coûteux de ces dernières années.

« Les pertes économiques dues aux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes dans les États membres de l'UE entre 1980 et 2022 ont dépassé 650 milliards d'euros et moins d'un cinquième de ces pertes était effectivement assuré. Des événements extrêmement coûteux ont également eu lieu récemment, comme les inondations de 2021 en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas », a rappelé Leena Ylä-Mononen.

Pour l’AEE, la mise en œuvre des politiques est en retard par rapport à l'augmentation rapide des niveaux de risque. L’Agence juge donc nécessaire de favoriser la coopération et une action coordonnée, étant donné que les risques climatiques majeurs recensés dans le rapport sont considérés comme « partagés » par l'UE, ses États membres et les niveaux régional et local.

Le rapport rappelle également que les politiques d'adaptation peuvent à la fois soutenir et entrer en conflit avec d'autres objectifs politiques environnementaux, sociaux et économiques et que, par conséquent, « une approche politique intégrée prenant en compte de multiples objectifs est essentielle pour garantir une adaptation efficace ».

Pour voir le rapport : https://aeur.eu/f/b8l  (Pauline Denys)

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