Si l’agriculture européenne est globalement peu dépendante des importations d’intrants, deux secteurs sont toutefois à risque : l’élevage de volaille et de porc, vis-à-vis du soja, et les céréales, s’agissant des engrais, selon une étude demandée par le Parlement européen publiée le 4 mars.
La souveraineté alimentaire fera d’ailleurs l’objet d'un débat entre les ministres de l’Agriculture de l’UE lors de leur réunion informelle (7-9 avril dans le Limbourg). La Commission européenne, de son côté, devrait publier un rapport sur la production de protéagineux.
Selon cette étude effectuée à la demande de la commission de l’agriculture du PE, le ratio de dépendance du secteur agricole de l'UE à l’égard des intrants est de 7,7%. Toutefois, le niveau de dépendance est important pour les produits d’origine animale (volaille et porc en particulier) et les céréales. De plus, cette dépendance se concentre sur un faible nombre de fournisseurs.
Pour les engrais, 23% du phosphate et 34% de la potasse utilisés dans l’UE proviennent de Russie. Pour le soja, l’UE en importe 46% du Brésil et 39% d’Argentine.
L’étude (https://aeur.eu/f/b82 ) propose plusieurs pistes pour réduire cette dépendance, en premier lieu l’ouverture commerciale (accords de libre-échange, réduction des barrières commerciales…) afin de multiplier les sources d’approvisionnement.
Les auteurs mettent également en avant l’amélioration de la productivité des cultures sans recourir à des techniques à forte intensité d’intrants. Ils rappellent que la stratégie ‘de la ferme à la table' vise à contribuer à l’autonomie des intrants de l’UE d’ici 2030 grâce à un objectif de réduction de 50% des pertes de nutriments (ce qui devrait conduire à une réduction de 20% de l’utilisation d’engrais), un objectif de 25% des terres agricoles en production biologique, le développement de sources alternatives de protéines pour l’alimentation animale et des chaînes d’approvisionnement plus courtes. (Lionel Changeur)