Les ministres des Finances des pays de la zone euro sont d'avis que les règles révisées du Pacte de stabilité et de croissance, d'application à partir de 2025, requerront « une orientation budgétaire légèrement restrictive » au niveau de la zone euro l'année prochaine, dans une déclaration qu'ils ont adoptée lundi 11 mars.
Cette orientation budgétaire est justifiée au regard de la conjoncture macroéconomique marquée par une croissance qui marque le pas début 2024, avant un rebond espéré au deuxième semestre et une inflation qui se rapproche graduellement de la cible de 2%. Il est nécessaire de poursuivre la consolidation budgétaire pour accompagner la politique monétaire désinflationniste, estime l'Eurogroupe, tout en conservant des politiques budgétaires « agiles » afin de faire face à l'incertitude.
« Cette orientation se base sur des déclarations précédentes de l'Eurogroupe », a estimé le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, se référant à l'orientation restrictive à hauteur de 0,5% du PIB que les Vingt ont agréée pour 2024 (EUROPE 13328/25). Nous pensons que « c'est approprié dans les circonstances macroéconomiques actuelles, en raison de la nécessité de garantir la soutenabilité budgétaire, de soutenir le processus de désinflation, tout en demeurant agiles à tout moment », a-t-il ajouté.
Le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, a évoqué la difficulté à trouver le bon équilibre entre assainissement des finances publiques et maintien de l'investissement. L'ajustement budgétaire est, certes, indispensable, mais ne devrait pas mener à des coupes dans les investissements, a-t-il souligné. Selon lui, l'échelon européen sera en mesure de financer des investissements à hauteur de 0,5% du PIB en 2024 et 2025.
Concernant les préparatifs visant à appliquer le Pacte de stabilité révisé, M. Gentiloni a indiqué que les États membres devront présenter leur plan macrobudgétaire d'ici vendredi 20 septembre, sur la base d'orientations de la Commission attendues en juin.
L'Eurogroupe demande aux États membres de supprimer « dès que possible en 2024 » les mesures budgétaires d'urgence mises en place pour faire face à la crise énergétique et d'utiliser la marge de manœuvre ainsi dégagée pour réduire le déficit public.
Voir la déclaration de l'Eurogroupe : https://aeur.eu/f/b8n (Mathieu Bion)