Le Parlement européen a demandé, mercredi 28 février, la nomination d’un commissaire à l’Union de la Défense au sein de la prochaine Commission, « lequel sera responsable de l’aboutissement d’une véritable Union européenne de la défense et de toutes les questions liées à la défense, notamment la PSDC, à la suite d’une répartition claire des tâches entre lui et le VP/HR ».
Lors du vote sur le rapport de Sven Mikser (S&D, estonien) sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune - rapport annuel 2023 qu’ils ont adopté par 350 voix pour, 91 contre et 96 abstentions -, les députés se sont divisés à ce propos. 371 députés - principalement du PPE, du S&D, de Renew Europe et des Verts/ALE - ont voté pour la nomination, et 171 ont voté contre, notamment des députés du CRE, d'ID et de La Gauche.
Si l'idée d'un tel commissaire est soutenue par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, « pour mettre en place un commissaire à la défense, il faudrait changer les traités. Ce n’est évidemment pas réalisable en l’état », a précisé Thierry Breton à un groupe de journalistes, dont EUROPE. « Si la question est celle d’un commissaire à l’Industrie de la défense, il me semble qu’il y en a déjà un », en sa personne, a-t-il ajouté.
Dans le rapport, les députés européens souhaitent aussi que le Parlement européen ait une commission de la sécurité et de la défense à part entière.
Les députés soulignent la volonté des États membres d'assumer une plus grande responsabilité pour la sécurité européenne en renforçant les capacités de défense des États membres et de l'UE.
Selon eux, il est nécessaire d'actualiser la 'Boussole stratégique' afin d'intégrer les enseignements tirés de la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine et à la lumière des événements récents au Moyen-Orient. Les eurodéputés demandent d’accélérer la pleine mise en œuvre de la 'Boussole stratégique' au moyen d’un renforcement massif de la coopération militaire européenne aux niveaux industriels et des forces armées, « dans le but de faire de l’Union une garante de la sécurité plus forte et aux capacités renforcées, dont l’action complète celle de l’OTAN et est interopérable avec celle-ci ».
Pour le PE, les États membres doivent augmenter et garantir des niveaux durables de dépenses de défense afin de s'adapter à la situation géopolitique actuelle.
Les députés soulignent également l'importance de développer des dialogues sur la sécurité et la défense avec des partenaires du monde entier.
Revenant sur la situation en Ukraine, les députés appellent à fournir à Kiev les capacités de défense dont elle a besoin.
Le rapport revient aussi sur le renforcement de la lutte contre les menaces hybrides, y compris les cyberattaques et les activités FIMI (désinformation, manipulation de l'information de l'extérieur, etc.), la Chine, les tensions entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, la Moldavie, la Géorgie, les pays des Balkans, le Proche-Orient, le Sahel, la Turquie ou encore l’Arctique.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/b2g (Camille-Cerise Gessant)