La Médiatrice européenne, Emily O'Reilly, a estimé, mercredi 28 février, en publiant les résultats d’une enquête sur le rôle de Frontex dans les opérations de recherche et de sauvetage, que les règles actuelles « empêchent l'Agence de remplir pleinement ses obligations en matière de droits fondamentaux et la rendent trop dépendante des États membres pour agir lorsque des bateaux transportant des migrants sont en détresse ».
L'enquête a été lancée après la tragédie de l'Adriana, en juin 2023, qui a entraîné la noyade de plus de 600 personnes au large des côtes grecques, rappelle un communiqué (EUROPE 13230/6).
« Selon les documents inspectés au cours de l'enquête, Frontex a fait quatre offres distinctes pour aider les autorités grecques en fournissant une surveillance aérienne de l'Adriana, mais n'a reçu aucune réponse ».
En vertu des règles, « Frontex n'était pas autorisée à se rendre sur le site de l'Adriana à des moments critiques sans l'autorisation des autorités grecques. Par conséquent, Frontex ne s'est rendue que deux fois sur les lieux du naufrage de l'Adriana : une première fois, brièvement, par avion, deux heures après que les autorités italiennes ont donné l'alerte au sujet de l'Adriana, et une seconde fois 18 heures plus tard, à l'aide d'un drone, alors que le bateau avait déjà fait naufrage ».
Frontex n'a pas non plus « de lignes directrices internes sur l'émission de signaux d'urgence et les contrôleurs des droits fondamentaux de Frontex ne sont pas suffisamment impliqués ».
« Nous devons nous demander pourquoi un bateau qui avait manifestement besoin d'aide n'en a jamais reçu malgré le fait qu'une agence de l'UE, les autorités de deux États membres, la société civile et des navires privés étaient au courant ».
La Médiatrice déplore aussi qu’il n’existe pas de mécanisme de responsabilité unique au niveau de l'UE qui pourrait enquêter de façon indépendante sur le rôle des autorités grecques, de Frontex et de la Commission européenne.
Lien vers l'enquête : https://aeur.eu/f/b1t (Solenn Paulic)