Autonomie stratégique ouverte, mise en œuvre des accords commerciaux et réforme de l'organisation mondiale du commerce (OMC). La ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, a détaillé, lors d'une audition devant la commission du commerce international (INTA) du Parlement européen, les grandes priorités qu'entend suivre la Présidence belge du Conseil de l'UE pour les prochains mois.
Face aux députés, Mme Lahbib a expliqué vouloir avancer sur plusieurs dossiers législatifs importants, pour « renforcer notre compétitivité, assurer la double transition verte et numérique de notre société et notre économie, et faire la promotion d'une Europe plus résiliente et autonome ».
La ministre a insisté sur l'importance d'obtenir des résultats lors de la 13e réunion ministérielle de l'OMC, qui se tiendra en février, en affirmant que la Présidence belge souhaitait que l'UE y arrive avec une position claire et coordonnée.
En troisième point, le cas de la mise en place des accords commerciaux et de l'avancée des négociations dans plusieurs cas difficiles (Mercosur, Australie, Mexique) a également été mentionné comme une grande priorité (EUROPE 13310/24, 13282/5).
Du côté des députés, les questions se sont portées sur l'avancée de dossiers législatifs au niveau du Conseil de l'UE. Samira Rafaela (Renew Europe, néerlandaise) a pointé du doigt la lenteur concernant le règlement sur le travail forcé (EUROPE 13332/1), ce à quoi la ministre à répondu que la Présidence faisait « de son mieux pour faire avancer les discussions », particulièrement au niveau de « l'établissement d'un régime de surveillance de mise en place de la loi ».
Kathleen Van Brempt (S&D, belge), pour sa part, a insisté sur la mauvaisse presse des accords de libre-échange (ALE) dans l'opinion publique, rejointe par sa collège Saskia Bricmont (Verts/ALE, belge), pour qui les ambitions de la Présidence de ratifier l'accord avec le Mercosur sont un écran de fumée : « Nous savons que plusieurs États membres ne vont pas ratifier le texte. Pourquoi donc dire qu'un accord est possible ? »
Le cas des relations entre la Chine et l'UE a également été soulevé par la députée Inma Rodríguez-Piñero (Renew Europe, espagnole), qui s'est dite étonnée de ne pas avoir entendu Hadja Lahbib faire mention de la dépendance européenne à l'égard de Pékin.
« Il n'y a pas de contradiction avec notre politique de 'derisking' (réduction des risques). La Chine est un partenaire incontournable », s'est défendue la ministre. Puis d'avancer que si les déséquilibres entre les deux parties « s'accentuent », avec un « gros déficit » qu'il faut « absolument rééquilibrer », la relation est cependant « mutuellement bénéfique et sans risque ». (Isalia Stieffatre)