Cosmin Dobran, le directeur ‘paix, partenariat et gestion des crises’ au Service européen pour l’action extérieure (SEAE), a expliqué, mercredi 24 janvier, que les États membres avaient apporté un fort soutien à une mission plus ambitieuse de l’UE pour protéger la navigation en mer Rouge. Son établissement pourrait avoir lieu lors du conseil 'Affaires étrangères' du 19 février.
Devant la sous-commission ‘Sécurité et Défense’ du Parlement européen, M. Dobran a précisé que le Service diplomatique avait présenté aux États membres deux options « dont la principale différence est la zone d’opération : l’une avec une zone plus limitée et l’autre avec une zone plus étendue, incluant la mer Rouge et aussi le Golfe ». Lors d’une discussion entre les ambassadeurs des États membres au sein du Comité politique et de sécurité, « il y a eu un soutien assez fort pour l’option la plus ambitieuse pour couvrir une zone d’opération plus large », a-t-il expliqué. La mission pourrait ainsi utiliser des actifs de l’opération Agenor présents dans le Golfe. La Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne ont déjà annoncé leur participation avec un navire à la nouvelle opération de l'UE.
Selon M. Dobran, la mission devrait avoir une tâche exécutive de protection des navires commerciaux, conformément aux cadres juridiques en matière d’autodéfense, et deux tâches non exécutives d’accompagnement et de suivi de la situation maritime. La mission devrait synchroniser la présence des navires militaires avec les besoins de l’industrie du transport et partagera des informations avec les opérations pertinentes dans la région, y compris celle dirigée par les États-Unis et à laquelle trois États membres participent (les Pays-Bas, le Danemark et la Grèce). Il a ajouté que les rôles de l’Égypte et de l’Inde devaient aussi être pris en compte.
M. Dobran a expliqué aussi que l’UE menait actuellement un travail diplomatique avec les différents pays de la région. Il a ainsi annoncé que le Secrétaire général adjoint chargé de la politique de sécurité et de défense commune et de la réponse aux crises au SEAE, Charles Fries, était en visite en Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis pour expliquer les intentions de l’UE.
Contrairement à l’opération menée par les Américains, la mission européenne ne mènera pas de frappes sur le Yémen. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont frappé une nouvelle fois des cibles Houthis, dans la nuit du 22 au 23 janvier.
Par ailleurs, Rosamaria Gili, directrice exécutive adjointe ‘Moyen-Orient et Afrique du Nord’ au SEAE, a expliqué que si l’UE avait déjà un embargo sur les armes envers les Houthis, des sanctions à leur encontre en tant qu’organisation terroriste n’étaient pas encore à l’ordre du jour. (Camille-Cerise Gessant)