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Bulletin Quotidien Europe N° 13282
ACTION EXTÉRIEURE / Australie

Arrêt brutal des négociations sur l'accord de libre-échange entre l'UE et Canberra

Prévues pour se tenir lundi 30 octobre et déboucher sur la finalisation de l'accord de libre-échange, les négociations entre l'UE et l'Australie ont périclité, moins de vingt-quatre heures avant la réunion officielle. Une surprise, voire un choc, selon un haut fonctionnaire européen, catégorique pour dire que l'Union ne s'attendait pas à une telle annonce de la part de l'Australie.

Malgré l'optimisme affiché quelques jours plus tôt (EUROPE 13280/7), les deux parties ont échoué à trouver un terrain d'entente, avec toujours les mêmes points de friction devenus insurmontables : l'accès des produits agricoles australiens au marché européen et le cas sensible de la protection des indications géographiques.

La reprise des négociations et l'aboutissement à un accord devraient dorénavant prendre plusieurs années, selon le ministre australien de l'Agriculture, Murray Watt, qui suggérait dans un entretien accordé à la chaîne de télévision publique australienne ABC que le gouvernement australien pourrait ne pas revenir à la table des négociations avant les élections législatives de 2025.

Un revers pour les deux parties

D'un côté comme de l'autre, les négociateurs se rejettent mutuellement la responsabilité de l'arrêt des discussions – discussions qui n'ont de toute manière pas eu lieu, selon un haut fonctionnaire européen, qui affirmait que la position tenue par le ministre australien de l'Agriculture dès dimanche 29 octobre avait rendu impossible toute négociation.

Le ministre australien du Commerce et responsable des négociations, Don Farrell, a publié un communiqué succinct, lundi 30 octobre, en déclarant « ne pas avoir été en mesure de progresser ».

Du côté de Canberra, c'est l'immobilité européenne qui est dénoncée, particulièrement sur le dossier des produits issus de l'agriculture. Murray Watt a ainsi dénoncé le « protectionnisme » et le manque de « concessions », déclarant que les Européens avaient présenté « essentiellement la même offre avec quelques ajustements ».

Chez les négociateurs européens, on présente pourtant cette offre comme résolument significative, viable économiquement et politiquement. Une source proche du dossier estime que les négociateurs australiens sont arrivés à Osaka avec des revendications sur le sujet agricole qui ne reflétaient pas les récentes négociations et ont rendu impossible la suite des négociations.

Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, a déclaré que « la Commission européenne reste ouverte à la poursuite des négociations ». Toutefois, selon plusieurs sources européennes, le délai pour conclure cet accord était mince et l'occasion aurait dû être saisie ce week-end.

Le flou qui découle désormais de ce revers pourrait avoir un impact sur les futures possibilités pour l'Europe d'accéder au marché australien de minéraux critiques, nécessaires pour l'UE afin de réduire sa dépendance à l'égard du marché chinois. (Isalia Stieffatre)

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