Le Comité économique et social européen (CESE) a dévoilé, jeudi 26 octobre, une initiative pour aborder la gestion de l’eau au sein de l’Union européenne. Nommé ‘Blue Deal’, ce plan ambitieux, dont les recommandations clés ont été adoptées en juillet dernier (EUROPE 13226/8) vise à établir une stratégie européenne complète, répondant aux défis croissants de la pollution et du changement climatique.
Parmi les initiatives figurent l'introduction d'étiquettes de consommation d'eau pour les produits, la création d'un 'Fonds de transition bleue' et l'établissement d'une conditionnalité liée à l'eau pour les financements de l'UE, garantissant l'alignement des projets financés sur les objectifs en matière d'eau.
Le programme, détaillé par Oliver Röpke, président du CESE, dans une déclaration politique, repose sur 15 principes directeurs et 21 actions concrètes et propose un politique européenne de l'eau alignée sur les autres politiques de l'UE, dans l'esprit du 'Pacte vert européen', soulignant l'importance de la restauration et de la protection des écosystèmes, des zones humides et de la biodiversité. Ce plan met en outre l'accent sur les droits humains, en assurant l'accès universel à des services d'eau et d'assainissement durables, équitables et abordables, en parfaite adéquation avec les objectifs européens des droits sociaux et du droit à un environnement sain.
La stratégie appelle à une consommation et une utilisation durables de l'eau et à la réduction significative des pertes dues aux fuites et au gaspillage, notamment dans les secteurs de l'agriculture, de l'industrie et des ménages. L'agriculture, souvent au cœur de la problématique de la rareté de l'eau, est considérée comme cause et victime, nécessitant une gestion durable pour assurer une production alimentaire suffisante.
Le CESE recommande une approche industrielle sectorielle, adaptant la gestion de l'eau aux besoins spécifiques de chaque industrie, tout en préservant la compétitivité et les emplois spécialisés en Europe. Le plan souligne le rôle crucial de la finance dans cette stratégie, appelant à une politique tarifaire de l'eau fondée sur le principe du pollueur-payeur et garantissant un accès universel à l'eau à des prix abordables.
Un autre aspect prépondérant de l'initiative est la proposition de nommer un commissaire européen dédié à l'eau.
Enfin, le ‘Blue Deal’ met en exergue l'importance de la coopération internationale. Le CESE encourage l'UE à devenir un leader mondial dans la gestion de l'eau, une ambition qui sera promue lors de la COP28, en décembre prochain, où il envisage de plaider pour une action internationale renforcée sur les problématiques liées à l'eau.
Virginijus Sinkevičius, le commissaire européen chargé de l'Environnement, des Océans et de la Pêche, a salué l'initiative dans un communiqué : « Merci au Comité d'avoir placé la gestion de l'eau douce et l'eau propre pour tous, là où elles doivent être : sous les projecteurs européens ». En prévision de l'initiative sur la résilience à l'eau de la Commission européenne, prévue pour 2024, le CESE annonce intensifier la pression pour une stratégie intégrée de l'eau.
La déclaration politique d'Oliver Röpke (en anglais) : https://aeur.eu/f/9bn (Nithya Paquiry)