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Bulletin Quotidien Europe N° 13318
POLITIQUES SECTORIELLES / BiodiversitÉ

La Commission européenne propose d’assouplir la protection des loups dans l'UE

La Commission européenne a proposé, mercredi 20 décembre, d’abaisser le niveau de protection dont bénéficient les loups dans l'UE, jugeant que leur trop grand nombre représente désormais un danger, en particulier pour le bétail.

En vertu de la directive européenne ‘Habitats’ de 1992, la plupart des populations de loups en Europe bénéficient d'une ‘protection stricte’, assortie de possibilités de dérogations.

La Commission propose de passer au statut de simple protection, plus souple et permettant d'éliminer plus facilement les loups considérés comme étant en trop grand nombre dans certaines régions. Le changement de statut de protection du loup est proposé au titre de la convention internationale de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe, à laquelle l'UE et ses États membres sont parties.

Cette proposition, réclamée par les éleveurs dans plusieurs pays, doit encore être approuvée par les États membres de l'UE.

« Le retour des loups est une bonne nouvelle pour la biodiversité en Europe, mais la concentration de meutes de loups dans certaines régions européennes est devenue un réel danger, particulièrement pour le bétail », a commenté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Pour la Commission, le retour du loup dans des régions de l'UE d'où il était absent depuis longtemps entraîne de plus en plus de conflits avec les communautés locales d'agriculteurs et de chasseurs. Le nombre des loups dans l'Union européenne a fortement augmenté au cours des 20 dernières années, assure-t-elle.

Il y en a maintenant plus de 20 000 dans 23 pays de l'UE (14 300 en 2016) et ces meutes grandissent et occupent des territoires de plus en plus grands, affirme-t-elle, se fondant sur des données collectées à sa demande dans les États membres.

Cette proposition fait suite à l'annonce faite par la Commission en septembre 2023 selon laquelle elle déciderait, sur la base des données collectées, d'une proposition visant à modifier, le cas échéant, le statut de protection du loup (EUROPE 13242/5). 

Comme précisé dans une lettre (https://aeur.eu/f/a75 ) envoyée par les commissaires Sinkevičius et Wojciechowski aux ministres de l'UE, la Commission aide les autorités nationales et locales à réduire les risques de prédation. Différentes mesures se sont révélées efficaces lorsqu'elles sont correctement mises en œuvre et adaptées au contexte local.

Le Copa-Cogeca (coopératives et organisations agricoles de l'UE) a salué le fait que la Commission écoute la position du Parlement européen. « Il ne s'agit pas d'éradication, mais d'assurer une véritable coexistence harmonieuse entre les éleveurs et les loups », selon le Copa-Cogeca.

Jérémy Decerle (Renew Europe, français) a salué une proposition qui pourrait aider à « rendre plus vivables les conditions de travail de milliers d'éleveurs ».

Pour Caroline Roose (Verts/ALE, française), au contraire, la proposition, qui n'aurait pas de fondement scientifique ou économique, « ne règlera pas la question de la cohabitation et mettra en danger la biodiversité » (EUROPE 13249/15).

Les ONG crient au loup. La question du nombre de loups présents dans différents pays d'Europe est au cœur de vifs débats - et d'une véritable bataille de chiffres - entre éleveurs et associations de protection de l'environnement.

Selon le WWF, il s'agit d'une proposition « scandaleuse », qui n'a aucune justification scientifique. Mme von der Leyen « sacrifie délibérément des décennies de travail en faveur de la protection de la nature pour son propre intérêt politique », dénonce cette ONG.

L’ONG Eurogroup For Animals demande aux États membres de l’UE de voter contre cette proposition.

Votes. Pour que le statut de protection du loup soit modifié, un vote à la majorité qualifiée en faveur de la proposition devra intervenir au 'Conseil Environnement', ce qui n'est pas garanti, à ce stade. Si elle est adoptée, la proposition serait soumise par l'UE au comité permanent de la convention de Berne. En fonction de l'issue des discussions, la Commission serait alors en mesure de proposer une adaptation du statut de protection du loup au sein de l'UE.

Lien vers la proposition : https://aeur.eu/f/a74 (Lionel Changeur)

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