La commission de l’agriculture du Parlement européen s'est inquiétée, mardi 28 novembre, de l’accélération des négociations, qui reprennent la semaine prochaine, sur l'accord de commerce entre l'UE et les pays membres du Mercosur (EUROPE 13293/22).
La Commission européenne a estimé que « la volonté politique » existait des deux côtés pour conclure rapidement ces négociations et que les débats ne se concentraient plus vraiment sur l’agriculture. Une partie de l’accord encore à négocier concerne toutefois l’utilisation des indications géographiques, a concédé l'institution.
Juan Ignacio Zoido (PPE, espagnol) a vanté les mérites de cet accord (réduction de 30% des droits de douane, protection des IG), tout en faisant référence aux problèmes, côté européen, pour la viande et le sucre notamment. Il a réclamé l’inclusion de mesures de réciprocité (clauses miroir).
Clara Aguilera (S&D, espagnole) s’est montrée « réticente » sur cet accord avec des pays « qui n’ont pas le même modèle de production ». Selon Jérémy Decerle (Renew Europe, français), le secteur agricole de l'UE « craint la validation de cet accord, qui pourrait déstabiliser les filières en Europe. Il faut mettre le frein » dans les négociations. Thomas Waitz (Verts/ALE, autrichien) a critiqué la possible mise en concurrence des producteurs de l’UE avec un système agricole sud-américain, qui utilise les pesticides les plus dangereux et qui n’a pas de système fiable de traçabilité du bétail. (Lionel Changeur)