Auditionné lundi 27 novembre en commission des affaires monétaires (ECON) du Parlement européen, Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, est revenu sur la politique industrielle de l'Union européenne et les moyens mis en œuvre pour lutter contre l'impact de l'Inflation Reduction Act américain (IRA) sur la compétitivité de l'industrie européenne 'zéro émission nette'.
« L'IRA est une approche 'America first'. Il faut le dire », a-t-il affirmé, avant de détailler les effets négatifs déjà perçus dans l'UE, tels que la délocalisation de certaines entreprises vers les États-Unis.
Le même système de subventions, cette fois chinoises, a aussi été pointé du doigt par le commissaire européen, pour qui certaines technologies, comme l'éolien, ont des prix « artificiellement » faibles, en partie à cause de ces subventions.
« Nous devons réagir en reprenant la main sur les grandes chaînes de valeurs », a martelé Thierry Breton, prônant une réaction « au niveau du continent » pour construire une « politique industrielle ambitieuse et assumée ». Et de présenter le marché unique et les financements européens comme la clé de voûte de cette résurrection industrielle face aux blocs chinois et américain.
Les députés se sont certes montré réceptifs au discours du commissaire, mais ils ont critiqué l'état actuel du marché unique. Sa réforme est un des grands chantiers de la Commission européenne et de la Présidence espagnole du Conseil de l'UE (EUROPE 13280/9).
Pour Jonás Fernández (espagnol, S&D), le marché unique est « confronté à des problèmes importants, sur l'union des capitaux par exemple, mais aussi en matière de services ». Rapporteur fictif sur le texte introduisant la plateforme STEP de financement des technologies européennes (EUROPE 13273/23), il s'est dit inquiet du manque d'argent concret investi par l'Union.
Sans évacuer ces problèmes, M. Breton a rappelé que l'UE avait concocté sa propre réponse législative à l'IRA, sous la forme du « tryptique » suivant: Acte pour l'industrie 'zéro émission nette', Acte sur les matières premières critiques et le 'Chips Act' sur les semi-conducteurs. (Isalia Stieffatre)