Bien qu’elle ne figurât pas à l’agenda formel de la réunion ministérielle des ministres européens de l’Énergie à Valladolid, mardi 11 et mercredi 12 juillet (voir autre nouvelle), la réforme du marché de l’électricité a fait l’objet de toutes les attentions et interrogations. N’étant pas encore parvenus à un accord sur le texte (EUROPE 13213/9), les États membres ont été invités par la Présidence espagnole à poursuivre les négociations dans les jours à venir. Celle-ci espère toujours qu'un accord pourra être conclu avec le Parlement - qui a déjà trouvé un accord provisoire en commission ITRE (EUROPE 13217/11) - avant la fin de l’année.
« En marge de la réunion, il y a un sujet qu’on ne nomme pas (elephant in the room). Il s’agit de la conception du marché européen de l’électricité », a avancé Sven Giegold, secrétaire d'État allemand auprès du ministère fédéral de l'Économie et de la Protection du Climat, à son arrivée lors de cette deuxième journée de réunion informelle des ministres de l’Énergie.
« La grande question est donc la suivante : comment pouvons-nous mieux intégrer notre marché de l'électricité afin d'améliorer les conditions pour les nouveaux investissements dont nous avons besoin de toute urgence ? Nous voulons renforcer l'énergie renouvelable bon marché et abordable pour les consommateurs, y compris les particuliers et les entreprises », a-t-il poursuivi.
Le ministre tchèque, Jozef Síkela, a également indiqué qu’il avait passé la majeure partie des temps de pause et de la soirée du mardi à discuter de la réforme du marché de l’électricité avec ses collègues.
« Je crois fermement que nous ne pouvons pas nous concentrer sur une seule technologie, que nous ne pouvons pas diviser les discussions sur la façon de soutenir les énergies renouvelables et la façon de soutenir le nucléaire (voir autre nouvelle) », a-t-il indiqué devant une poignée de journalistes. « Je crois fermement que nous devons avoir un équilibre et une approche technologiquement neutre afin de soutenir toutes les technologies sans carbone pour pouvoir atteindre les objectifs de 2050 ».
À ce sujet, le secrétaire d’État allemand a mentionné qu’un compromis clair ne pouvait être élaboré par la France et l'Allemagne. « L'époque où la France et l'Allemagne trouvaient un accord et où tout le monde était content est révolue, et c'est tant mieux. L'Europe doit être dirigée collectivement et c'est ce que nous faisons ».
Longuement interrogée sur le sujet, la ministre espagnole de la transition écologique, Teresa Ribera, qui présidait la réunion, a indiqué qu’elle espérait qu’un accord puisse encore être trouvé avant l’été, mais que si ce n’était pas possible, il faudrait attendre septembre.
« Nous avons l’intention de clôturer ce dossier avant Noël. Tout le monde partage le même objectif. La question est de savoir comment nous gérons des approches apparemment contradictoires que les États membres veulent voir refléter dans le texte ». (Pauline Denys)