login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13221
Sommaire Publication complète Par article 13 / 35
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Ukraine

Le G7 promet des garanties de sécurité à l’Ukraine

Le G7 (l'Allemagne, la France, l'Italie, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada et l'UE) s’est engagé, mercredi 12 juillet, dans une déclaration commune adoptée en marge du sommet de l'OTAN à Vilnius, à renforcer sa coopération sécuritaire avec l’Ukraine, qui continuera « pendant que l'Ukraine s'engage sur la voie d'une future adhésion à la communauté euro-atlantique ».

« La déclaration permettra à tous les pays qui souhaitent soutenir l’Ukraine d’emboîter le pas » au G7, a précisé le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, dont le pays assure la présidence du G7. Il a espéré que de nombreux pays participent. Le président français, Emmanuel Macron, a précisé que plusieurs partenaires avaient déjà annoncé leur engagement.

« Les engagements à long terme que nous prenons sont soutenus par l'idée qu'entretemps, nous allons assurer la sécurité de l'Ukraine pour ses besoins et contre toute agression qui pourrait survenir », a expliqué le président américain, Joe Biden.

Ainsi, selon la déclaration, le 12 juillet, les membres du G7 entament « des négociations avec l'Ukraine pour officialiser - par des engagements et des accords de sécurité bilatéraux alignés sur (le) cadre multilatéral (...) - notre soutien durable à l'Ukraine dans la défense de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, la reconstruction de son économie, la protection de ses citoyens et la poursuite de son intégration dans la communauté euro-atlantique ». Ils préviennent qu’ils vont demander à leurs équipes d'entamer immédiatement les discussions.

 Concrètement, les pays du G7 travailleront chacun avec l'Ukraine sur des engagements et des accords de sécurité « spécifiques, bilatéraux et à long terme » visant à garantir une force durable capable de défendre l'Ukraine aujourd'hui et de dissuader l'agression russe à l'avenir. 

Les pays participants le feront en continuant à fournir une assistance en matière de sécurité et des équipements militaires modernes, un soutien à la poursuite du développement de la base industrielle de défense de l'Ukraine, de la formation et des exercices d'entraînement, du partage du renseignement et de la coopération et du soutien aux initiatives en matière de cyberdéfense, de sécurité et de résilience.

« Nous allons aider l'Ukraine à construire une défense solide et compétente sur terre, dans les airs et en mer - elle sera une force de stabilité dans la région et de dissuasion contre toutes les menaces », a expliqué Joe Biden.

Le G7 promet aussi de renforcer la stabilité et la résilience économiques de l'Ukraine et de fournir un soutien technique et financier pour répondre aux besoins immédiats du pays découlant de la guerre et pour lui permettre de poursuivre la mise en œuvre d'un programme de réforme « efficace » qui soutiendra la bonne gouvernance nécessaire pour progresser vers ses aspirations euro-atlantiques.

De plus, les pays du G7 soulignent avoir l’intention, en cas de nouvelle attaque armée russe, de se concerter immédiatement avec l'Ukraine pour déterminer les mesures à prendre. « Nous travaillerons avec l'Ukraine sur un ensemble renforcé d'engagements et d'accords de sécurité en cas d'agression future afin de permettre à l'Ukraine de défendre son territoire et sa souveraineté », préviennent-ils.

En contrepartie, l’Ukraine s’est engagée à « contribuer positivement à la sécurité des partenaires et renforcer les mesures de transparence et de responsabilité en ce qui concerne l'aide des partenaires ». Kiev va poursuivre la mise en œuvre des réformes liées à l’État de droit et au secteur de la sécurité, et faire progresser les réformes et la modernisation de la défense, « notamment en renforçant le contrôle civil démocratique de l'armée et en améliorant l'efficacité et la transparence des institutions et de l'industrie de défense ukrainiennes ».

Des efforts que l’UE et ses États membres sont prêts à soutenir. Ils « examineront rapidement les modalités de cette contribution », précise la déclaration du G7. « L’UE sera un partenaire essentiel » pour la sécurité à long terme et la prospérité économique de l'Ukraine au sein de la communauté euro-atlantique, a promis la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un communiqué.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a salué « un ensemble très important de garanties de sécurité », estimant que cela représentait une « victoire importante » pour la sécurité de son pays. Selon lui, si elles ne se substituent pas à l’adhésion à l’OTAN, ces garanties constituent une « avancée très concrète ». Il estime que ces garanties sont des « éléments tangibles » et qu'elles vont rapprocher son pays de l’OTAN. « Pour nous, la meilleure garantie de sécurité est l’adhésion » à l'organisation, a-t-il rappelé.

Selon le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, ces garanties sont « un signal fort » au président russe, Vladimir Poutine. « Nous ne voulons pas que ce qui s'est passé en Ukraine se répète, et cette déclaration réaffirme notre engagement à faire en sorte que l'Ukraine ne soit plus jamais vulnérable au type de brutalité que la Russie lui a infligé », a-t-il ajouté.

Avant même l’adoption officielle de la déclaration, le Kremlin avait estimé qu’en proposant ces garanties de sécurité à l’Ukraine, les pays du G7 « portaient atteinte à la sécurité de la Russie ». Ces garanties rendront l’Europe « beaucoup plus dangereuse pour des années et des années », selon le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/816

Tout premier Conseil OTAN/Ukraine

Plus tôt dans la journée, le président ukrainien avait rejoint ses homologues des pays alliés pour le tout premier Conseil OTAN-Ukraine. « Le Conseil OTAN-Ukraine n'est pas seulement un outil de participation, c'est un outil d'intégration. Il nous donne le sentiment que nous ferons partie de l'Alliance. Je suis convaincu qu'après la guerre, l'Ukraine fera partie de l'OTAN. Nous ferons tout pour cela », a souligné M. Zelensky sur Twitter.

Plus tôt dans la journée, devant les médias, le président ukrainien s’était montré plus modéré que la veille, où il avait critiqué la formulation des Alliés concernant l’avenir de son pays dans l’OTAN. « Les avancées du sommet sont bonnes, mais s’il y avait eu une invitation, les résultats auraient été idéaux », a-t-il expliqué. Le sommet a cependant été pour lui un « moment structurant », M. Zelensky le comparant à l’obtention du statut de candidat à l'adhésion à l’UE. Il a notamment salué le fait que les Alliés aient décidé de supprimer le plan d'action pour l'adhésion (MAP).

« Les partenaires nous soutiennent pour pouvoir vivre, mais avant tout, nous devons survivre ; cela exige des processus rapides », a-t-il ajouté, comprenant bien que son pays ne serait pas membre de l’Alliance « tant que la guerre fera rage sur (son) territoire ».

Coalition de formation sur F-16

Par ailleurs, mardi 11 juillet, la Belgique, le Canada, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Suède et le Royaume-Uni ont annoncé la mise en place d’une coalition interarmées visant à former les membres de la Force aérienne ukrainienne à l’exploitation et à l’entretien des chasseurs F-16. Selon M. Stoltenberg les formations pourraient commencer cet été. « La coalition se concentrera sur la formation, mais elle sera également disposée, en temps opportun, à envisager d’autres lignes d’actions visant à garantir que l’Ukraine dispose d’une capacité de chasseurs F-16 pleinement opérationnelle », précise un communiqué canadien. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
SÉCURITÉ - DÉFENSE
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SOCIAL - EMPLOI
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES