Les eurodéputés réunis à Strasbourg ont approuvé, mercredi 12 juillet, le rapport 2022 concernant la Bosnie-Herzégovine (530 voix pour, 68 voix contre et 33 abstentions).
Le texte porté par Paulo Rangel (PPE, portugais) dénonce notamment la rhétorique « incendiaire récurrente » et les « lois et politiques sécessionnistes » de dirigeants de la Republika Srpska, qui déstabilisent le pays et « contredisent sa perspective européenne » (EUROPE 13212/28).
La question de la Republika Srpska inquiète aussi les eurodéputés concernant les liens que celle-ci entretient avec Moscou. Ils réitèrent leur appels en faveur de sanctions ciblées à l’encontre de « ceux qui menacent la souveraineté » du pays, le Président de la Republika Srpska, Milorad Dodik en tête (EUROPE 13216/11).
Sarajevo devrait - entre autres - aussi travailler pour palier à « l’absence de progrès dans la prévention de la corruption généralisée », adopter des lois contre les conflits d’intérêt, faire de nouveaux efforts sur la question des personnes disparues, garantir la liberté des médias et lutter contre les discriminations.
Tout n’est pas noir, cependant. Le rapport salue ainsi la mise en œuvre rapide des résultats des élections générales d'octobre 2022 et de la nomination d'un nouveau gouvernement au niveau de l’État.
Le rapport estime que la Bosnie-Herzégovine devrait renforcer sa préparation aux négociations d'adhésion à l'UE, en « profitant de l'élan politique inhérent » à la décision du Conseil européen en décembre 2022 d'accorder au pays le statut de candidat. De son côté, l’UE devrait, selon les eurodéputés, accélérer le processus d’adhésion du pays à l'Union.
Cependant, préviennent-ils, chaque avancée sur le plan européen - comme l’accession aux fonds de l’instrument d’aide à la pré-adhésion ‘IPA III’ - sera conditionnée à des progrès démocratiques.
« Les autorités doivent maintenant profiter de l'élan, mettre en œuvre les réformes clés et rejeter d'urgence les divisions incendiaires et le dangereux sécessionnisme qui continuent de constituer un obstacle majeur à l'intégration dans l’UE », a résumé M. Rangel. (Thomas Mangin)