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Bulletin Quotidien Europe N° 13212
POLITIQUES SECTORIELLES / Ogm

Des ONG environnementales montent au créneau pour dénoncer les risques des nouveaux OGM pour la biodiversité

L'ébauche de règlement de l'UE qui fixera un cadre pour favoriser la mise sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM) de nouvelle génération - issus des nouvelles techniques génomiques (NGT en anglais) les plus récentes - ravivent les craintes des ONG environnementales, avant sa présentation attendue le 5 juillet dans le cadre d'un paquet législatif 'Alimentation et biodiversité'.

Redoutant que le projet ayant fuité dans la presse ne soit adopté tel quel (EUROPE 13203/14, 13000/6), Greenpeace et Beelife sont montées au créneau, mercredi 28 juin, pour alerter sur les risques potentiels pour l'environnement - et en particulier pour la biodiversité - de ces OGM obtenus par mutagenèse ou cisgénèse, qui permettent de modifier le patrimoine génétique des plantes encore plus profondément et plus rapidement que dans la sélection conventionnelle (EUROPE 13116/12). 

Au cœur des préoccupations: une procédure d'autorisation simplifiée avec une évaluation des risques au cas par cas d'OGM considérés comme équivalents à des plantes conventionnelles (EUROPE 13000/6). La proposition attendue de la Commission se fonde sur l'avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) (EUROPE 13059/25, 13048/10).

« Comment une plante fabriquée en laboratoire pourrait-elle être la même qu'une plante conventionnelle ? », s'est interrogée Eva Corral de Greenpeace, en visioconférence, sans compter que, « dans la sélection conventionnelle, la nature a le temps de s'adapter et non pas quand on force les choses ».

Tout en reconnaissant les possibilités offertes par les nouvelles techniques génomiques, elle a mis en garde contre le manque de données scientifiques sur des « OGM dont on ne sait rien ».

« Un OGM est un OGM. Il doit être réglementé comme tel », a-t-elle fait valoir - comme l'avait jugé la Cour de justice de l'UE en 2018 (EUROPE 12070/6). 

Les ONG reprochent au texte en projet de ne faire aucune mention des effets négatifs non intentionnels, dont la prise en compte est imposée par la directive 2001/18/CE qui encadre actuellement l'autorisation de mise sur le marché des OGM et impose à la fois une évaluation approfondie des risques et des plans de surveillance.

En outre, la version provisoire qui a fuité ne fait aucune mention du rapport de 2016 de l'IPBES, qui a identifié les plantes génétiquement modifiées comme des causes potentielles du déclin des pollinisateurs et a recommandé de poursuivre l'étude des causes potentielles du déclin des pollinisateurs, a déploré Nora Simon, scientifique de Beelife. Une recherche à ce sujet sera publiée par l'ONG à l'automne.

De l'avis de Helmut Burtscher-Schaden, porte-parole de l'initiative citoyenne européenne 'Sauver les abeilles et les agriculteurs', « le matériel génétique provenant d'anciens OGM pollue des zones éloignées du lieu de culture des plantes, les pollinisateurs contribuant même à cette dissémination. Les rares données existantes ont révélé que les anciens OGM présentaient des dangers inattendus pour l'environnement ».

Plusieurs États membres ont déjà appelé à l'application du principe de précaution (EUROPE 13144/5). (Aminata Niang)

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