login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13212
Sommaire Publication complète Par article 13 / 35
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

L’UE peut se passer du gaz naturel liquéfié russe d’après Bruegel, soutenant l'option d’un embargo

Dans un rapport publié mercredi 28 juin, le centre de réflexion (think tank) européen Bruegel veut démontrer que l’Union européenne peut se passer du gaz naturel liquéfié (GNL) russe et plaide en faveur d’un embargo de l’UE, plutôt que des sanctions légères (‘soft sanctions’) qui décourageraient les achats supplémentaires, mais ne rompraient pas les contrats à long terme, impliquant la poursuite du financement de l’État russe et, par extension, l’effort de guerre.

Alors que l’Union européenne s’est dotée d’un objectif d’élimination des importations de combustibles fossiles en provenance de Russie d’ici à 2027, celles de GNL sont restées remarquablement stables. 

Selon le rapport, les exportations de GNL vers l'UE ont été évaluées à 12 milliards d'euros, l’année suivant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Sauf changement, l’UE pourrait payer jusqu’à 9 milliards d’euros supplémentaires à la Russie au cours de la deuxième année de la guerre. 

Alors que des actions ont été prises pour limiter et éliminer progressivement les importations de pétrole brut, de gasoil, de gaz naturel par gazoduc et de charbon, les discussions sont en cours pour ajouter le GNL russe à la liste des produits interdits d’importation dans l’UE, en empêchant les entreprises russes de réserver des infrastructures d'importation de GNL. Pour l’instant, aucune proposition n’est finalisée. 

Bruegel avance 3 options principales pour l’UE : - l’approche ‘wait-and-see’, qui impliquerait que l’UE continue à importer du GNL russe et attendrait la deuxième partie de la décennie pour introduire des sanctions, lorsque les marchés GNL seront moins tendus ; - les 'sanctions légères', qui impliqueraient un effort partiel pour réduire les importations de GNL russe ; - un embargo total, qui obligerait les entreprises à déclarer un cas de force majeure sur les contrats à long terme.

La quatrième option alternative est 'un embargo de l’UE avec offre de la plateforme énergétique de l’UE', qui permettrait de faire des offres d’achat de volumes limités de GNL russe, via la nouvelle plateforme énergétique de l’UE pour l’achat conjoint de gaz (EUROPE 13169/5).

« Après avoir mis fin aux contrats à long terme existants avec Yamal LNG, l'UE en tant que bloc pourrait alors proposer d'acheter du GNL russe à un prix inférieur à celui du marché, qui pourrait être révisé en fonction de l'évolution de la situation en Ukraine », précise le rapport. 

Cette approche pourrait être complétée par l’introduction d’un plafond de prix pour les importations de GNL russe qui dépendent des services de l’UE ou du G7, y compris les transbordements, les navires et l'assurance maritime. 

Selon Bruegel, les répercussions de la suppression du GNL russe pendant les mois d’été devraient être très limitées et les augmentations de prix seraient marginales en hiver, l'ampleur de ces hausses de prix dépendant de l'étroitesse globale du marché mondial du GNL.

Bruegel conclut que l'impact de la suppression du GNL russe ne serait pas comparable aux chocs provoqués par la baisse des flux de gaz russe par gazoduc en 2022.

Pour voir le rapport : https://aeur.eu/f/7t4  (Pauline Denys)

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES