Les dirigeants européens ont annoncé, jeudi 29 juin, que l’Union européenne et ses États membres étaient prêts à contribuer, avec leurs partenaires, aux futurs engagements en matière de sécurité envers l'Ukraine, « ce qui aidera l'Ukraine à se défendre à long terme, à décourager les actes d'agression et à résister aux efforts de déstabilisation ».
Selon un diplomate européen, « contribuer » signifie que l’UE ne va pas tout faire seule, mais qu'elle est capable de jouer son rôle et elle est « légitime » en cela avec ce qu’elle a fait depuis le début du conflit.
« À cet égard, (les dirigeants) examineront rapidement les modalités de cette contribution », précisent les conclusions que le Conseil européen a adoptées. Une source européenne a espéré des avancées sur le sujet dans les prochaines semaines. « Les garanties de sécurité doivent être clairement définies, tous les États membres sont d’accord », a-t-elle ajouté.
Le Premier ministre belge, Alexander De Croo, a estimé que la discussion avait été importante par rapport à celle qui se tient au sein de l'OTAN concernant les garanties de sécurité, mais aussi au sein de l'UE, « où les pays donnent déjà beaucoup d'éléments de sécurité sans que cela se traduise concrètement dans des garanties de sécurité ». « Mais on voit que (...) l'approche est en train de se concrétiser », a-t-il ajouté.
La question porte sur la définition d'engagements de sécurité. Il pourrait s’agir de renforcer ce que l’UE fait déjà, que ce soit avec la 'Facilité européenne pour la Paix', la formation de militaires ou les munitions. Le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, a rappelé que le soutien militaire global de l'UE à l'Ukraine s'élevait déjà à plus de 15 milliards d'euros.
Selon une autre source européenne, lors de sa discussion avec les dirigeants européens, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, aurait expliqué que le statut de candidat attribué par l’UE à l’Ukraine était une dimension supplémentaire à prendre en compte dans la réflexion sur les garanties de sécurité.
« Nous voulons adopter une position claire à l'égard de l'Ukraine en termes de garanties. (…) Nous ne pouvons pas la laisser seule sans un accord de paix à long terme et que nous continuerons à la soutenir par tous les moyens. Tel est notre engagement », a souligné le Premier ministre slovaque, Ludovit Odor.
« Nous sommes d’accord que nous devons à l'Ukraine quelque chose en matière de sécurité, et nous le ferons à l'avenir », a ajouté le chancelier allemand, Olaf Scholz.
Pour le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, « les garanties de sécurité suivront principalement la voie de la coopération en matière de défense avec l'Ukraine ».
Plusieurs dirigeants ont estimé que les engagements de sécurité devraient être donnés par l’OTAN. Pour le Premier ministre letton, Krisjanis Kariņš, « les garanties de sécurité pour l’Ukraine, c’est l'OTAN. L'Ukraine et l'UE ont besoin que l'Ukraine devienne membre à part entière de l'OTAN après la guerre ». « La seule garantie qui fonctionne et qui est la moins chère est l'adhésion à l'OTAN », a ajouté la Première ministre estonienne, Kaja Kallas, ajoutant qu’il ne s’agissait pas d’une question européenne, mais de l’Alliance atlantique.
Les Alliés devraient en discuter lors du sommet de Vilnius les 11 et 12 juillet.
M. Rutte a ajouté que les engagements de l’UE devraient être complémentaires à l’Alliance atlantique. « Cette question est sensible, car un certain nombre de pays de l'UE ne sont pas membres de l'OTAN », a-t-il expliqué.
Quels qu’ils soient, « les engagements seront pris dans le plein respect de la politique de sécurité et de défense de certains États membres et en tenant compte des intérêts de tous les États membres en matière de sécurité et de défense », précisent les conclusions.
Le chancelier autrichien, Karl Nehammer, a rappelé que « beaucoup a déjà été fait au préalable pour trouver des formulations qui soient également acceptables pour les États neutres ». « Nous avons pris des engagements en matière de sécurité (en participant à la 'Facilité européenne pour la Paix', NDLR) (...), mais nous ne participerons pas à des engagements de défense mutuelle », a déjà prévenu le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar.
Par ailleurs, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé qu’il se rendrait, le 1er juillet, premier jour de la présidence de son pays du Conseil de l’UE, à Kiev, symbole de l’importance de l’Ukraine dans les priorités de la Présidence.
Voir les conclusions du Conseil européen: https://aeur.eu/f/7u9 (Camille-Cerise Gessant avec Thomas Mangin, Solenn Paulic et Mathieu Bion)