Devant les critiques des députés européens de tout bord estimant que l’UE ne faisait pas assez pour résoudre notamment le blocage azerbaïdjanais du corridor de Lachin, seul axe routier reliant l’Arménie au Haut-Karabakh, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a fait part de son agacement.
« L’UE fait ce qu’elle peut faire. Si vous avez des idées concrètes, dites-les. Si nous ne faisons pas davantage, c’est que nous ne pouvons pas », a-t-il lancé lors d’un échange de questions/réponses en session plénière du PE.
« Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir sur le plan diplomatique », a-t-il promis.
Le Haut Représentant a estimé que la seule solution possible était diplomatique et que, si elle venait, ce serait dans le cadre des négociations en cours. « Elles ont avancé, et le simple fait que les deux parties souhaitent continuer à participer nous laisse espérer que l'on pourra arriver à résoudre l’ensemble du problème », a-t-il expliqué.
Les députés se sont montrés sévères concernant la mission PSDC civile de l’UE. M. Borrell a rappelé qu’elle agissait selon son mandat, qui ne couvre pas le corridor. « Nous pensons que sa contribution est importante pour que la situation se normalise à la frontière », a estimé le Haut Représentant.
Les députés ont aussi dénoncé le fait que l’UE met dos à dos l’Arménie et l’Azerbaïdjan. « Il faut parler avec les deux parties belligérantes », a souligné M. Borrell, qui s’est refusé à répondre aux questions sur de possibles sanctions envers l’Azerbaïdjan.
Plusieurs députés ont proposé d’utiliser le nouvel accord gazier entre l’UE et l’Azerbaïdjan pour faire pression sur Bakou afin de libérer le corridor de Lachin. Pour Peter Van Dalen (PPE, néerlandais), l’UE devrait donner une date-butoir pour la fin du blocus, citant le 1er août. « Si ce n’est pas le cas, il faudrait procéder à des sanctions, sanctionner tous les fonctionnaires azerbaïdjanais liés au conflit », a-t-il proposé. (Camille-Cerise Gessant)