Le groupe S&D au Parlement européen, dont est issue la rapportrice italienne Elisabetta Gualmini, a accueilli prudemment, lundi 12 juin dans un tweet, l’accord trouvé la veille au Conseil de l’UE sur la directive relative aux travailleurs des plateformes numériques (EUROPE 13199/1), estimant que le mandat des États membres est « loin de notre position et de notre ambition » alors que le PE, lui, a supprimé les critères obligatoires pour déclencher la présomption de salariat.
« Enfin, nous pouvons commencer à négocier, mais il reste encore beaucoup à faire pour assurer une protection adéquate des travailleurs des plateformes », a ajouté le groupe, qui veut finaliser la législation sous cette mandature.
La députée et rapportrice fictive de La Gauche, Leïla Chaibi (française), a critiqué elle aussi le mandat du Conseil, qui « sabote » la présomption de salariat.
Quant à la Confédération européenne des syndicats (CES), si les ministres de l'UE ont fait un « pas important » vers la prochaine phase des négociations, « des améliorations sont nécessaires », car les travailleurs « devront remplir trois des sept critères pour être reclassés comme salariés, ce qui signifie qu'il n'y aurait pas de 'droit à l'emploi' ».
« Les dérogations nationales demandées par les États membres créent aussi un dangereux précédent qui peut facilement aboutir à une faille permettant aux plateformes de se soustraire à leurs responsabilités envers les travailleurs », ajoute par ailleurs la CES. (Solenn Paulic)