Les ministres des Télécommunications des États membres de l’UE, réunis en Conseil à Luxembourg, ont débattu, vendredi 2 juin, de l’avenir de la connectivité au sein de l’UE, alors que la Commission avait dévoilé, le 23 février dernier, son paquet législatif dédié à ce sujet afin d’atteindre l'objectif d'une connectivité à très haut débit pour tous les citoyens et entreprises de l'UE d'ici 2030 (EUROPE 13128/9).
Les discussions se sont notamment concentrées sur les manières de soutenir le déploiement des technologies dans le domaine de la connectivité. À ce titre, une partie des discussions a été consacrée aux « investissements nécessaires - et aux moyens de financer ces investissements - par les États membres », a détaillé le ministre suédois de l’Administration publique, Erik Slottner.
« La connectivité était le grand débat du jour pour les ministres à Luxembourg. La technologie se développe rapidement, tout comme le marché, nous avons besoin d’investissements », a-t-il complété.
Les États membres ont également recentré les discussions sur le paquet ‘Connectivité’ élaboré par la Commission. « Pour un marché intérieur européen intégré, un marché intérieur européen fort et intégré, nous avons besoin de grands progrès dans le développement du Gigabit dans toute l'Europe. Et, pour cela, l'initiative de la Commission européenne est exactement ce qu'il faut. La question est celle de la mise en œuvre concrète. Nous y participons de manière constructive avec pour objectif une conclusion rapide. Bien entendu, nous voulons aussi que nos intérêts en tant qu'État fédéral soient pris en compte », avait déclaré le ministre allemand chargé du Numérique, Volker Wissing, à son arrivée.
Une partie des échanges a aussi porté sur les redevances des réseaux pour les grandes entreprises, notamment le fait que les fournisseurs de contenus et d’applications aient - ou non - à contribuer aux coûts de déploiement des systèmes de communication à haut débit. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, ont manifesté leur opposition.
« Nous devons voir que de telles participations aux coûts peuvent en fin de compte conduire à des prix nettement plus élevés pour les consommateurs, qu'elles entravent la concurrence et l'accès à l'Internet et que l'ensemble peut avoir des inconvénients considérables, et qu'en l'absence d'un marché identifiable et d'une défaillance du marché identifiable, une telle intervention est inacceptable à mes yeux », a jugé M. Wissing.
Outre une présentation par la Présidence suédoise du Conseil de l’UE sur les progrès et travaux menés sur la question de l’'Europe interopérable' (EUROPE 13192/21) et la législation sur la cyberrésilience (EUROPE 13186/9), les ministres ont souligné la nécessité d’opter pour une approche « favorable à l’innovation » dans le cadre des travaux législatifs menés, a indiqué le ministre suédois de l'Administration publique. (Thomas Mangin)