Les experts des États membres de l'UE, réunis au sein du comité PAFF, ont approuvé, jeudi 1er juin, la proposition de la Commission européenne visant à interdire la dimoxystrobine, substance active d’un pesticide parmi les plus toxiques, largement utilisé sur les céréales, les oléagineux et les graminées.
La nouvelle a aussitôt été saluée par le réseau PAN Europe (Pesticide action Network) comme « une grande victoire pour la santé et l'environnement ». L’ONG a toutefois rappelé que «si les règles avaient été respectées, la dimoxystrobine aurait été interdite en 2016, sur la base des conclusions scientifiques des recherches récentes sur sa toxicité.»
La dimoxystrobine est classée à la fois comme susceptible de nuire à l'enfant à naître (toxique pour la reproduction catégorie 2) et de provoquer le cancer (cancérogène catatégorie 2). Cette substance active est également très toxique pour la vie aquatique.
PAN Europe avait entamé en juillet dernier une action en justice contre la sixième extension consécutive d'autorisation de ce pesticide dans l'UE (EUROPE 12989/11).
En 2021, le Parlement européen s’était opposé, sans succès, à une énième prolongation d’autorisation, faisant notamment valoir que le principe de précaution devrait s'appliquer, en particulier pour les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants (EUROPE 12676/12).
L'utilisation de la dimoxystrobine est actuellement autorisée dans 15 États membres (l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, l'Estonie, la France, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie et la Slovaquie). (Aminata Niang)