login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13193
Sommaire Publication complète Par article 23 / 33
CONSEIL DE L'EUROPE / DÉmocratie

Dunja Mijatović condamne la répression des activistes climatiques

Condamnation des termes d’« éco-terroristes », « éco-zélotes », « éco-vandalisme », rappel du caractère irréfutable de l’urgence climatique, et surtout, condamnation ferme de la répression des manifestants pour l’environnement... Dunja Mijatović, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, s’exprime avec force dans son dernier « Carnet des droits de l’homme », publié ce 2 juin.

Pour elle, les défenseurs des droits humains en matière d’environnement et les militants pour le climat « méritent notre sympathie et notre soutien, et non la répression et le ressentiment ».

L’Europe a toujours été un espace où le militantisme écologique et l’action climatique ont pu s’exprimer sous des formes diverses, rappelle la Commissaire, mais ces dernières années ont vu naître, particulièrement chez les jeunes, un sentiment croissant d’impuissance face à « l’insuffisance manifeste des mesures prises par les gouvernements confrontés à l’imminence d’une catastrophe climatique ».

Beaucoup se sont alors tournés vers « l’action directe non violente en faveur de l’environnement » en lançant de nouvelles méthodes telles que la projection de peinture ou de nourriture sur des œuvres d’art ou des lieux culturels protégés par des panneaux de verre.

Ces actions perturbatrices présentées comme « un dernier recours face à l’urgence » ont, « à de très rares exceptions près, été pacifiques et non-violentes », souligne Dunja Mijatović, qui insiste sur le rôle joué dans l'histoire de l'humanité par la « désobéissance civile » pour « remettre en cause le statu quo, insister sur le respect des droits humains et exiger des réformes ».

Pourtant, « dans de nombreux endroits en Europe » (par exemple en Autriche, en Allemagne, en France, en Géorgie, en Finlande, aux Pays-Bas et en Serbie), elles ont entraîné « des répressions policières musclées, des violences physiques, des détentions parfois préventives et la criminalisation des manifestants ».

Rappelant ses précédentes déclarations sur les menaces qui pèsent sur le militantisme écologique en Europe (2019 et 2021), la Commissaire déplore que « cette tendance répressive semble continuer à s’intensifier » et rappelle les normes du Conseil de l’Europe sur la protection du droit de réunion pacifique et de la liberté d’expression.

Celles-ci incluent le droit de manifester et de protester pour la défense de l’environnement, permettent aux citoyens de demander des comptes à leurs gouvernements et stimulent le débat public. Elles doivent être facilitées et non étouffées, affirme la Commissaire, qui se réfère à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme.

Il faut mettre fin à la répression, conclut-elle, promouvoir « un dialogue social plus authentique sur les questions environnementales » et « permettre aux défenseurs de l’environnement de s’asseoir à la table des négociations ».

Sans oublier l’urgence pour les gouvernements de prendre « des mesures plus décisives, authentiques et ambitieuses pour lutter contre les effets du changement climatique et de la pollution de l’environnement ».

Lien vers le Carnet des droits de l'homme : https://aeur.eu/f/77t  (Véronique Leblanc)

Sommaire

REPÈRES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
SOCIAL - EMPLOI
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INFRACTIONS AU DROIT DE L'UE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES