La Commission européenne, la Présidence suédoise du Conseil de l’UE et les partenaires sociaux européens ont fait le point pendant deux jours à Stockholm, lundi 15 et mardi 16 mai, sur la stratégie de l’UE 2021-2027 pour la sécurité et la santé au travail, avec un accent sur la santé mentale au travail, l'approche 'vision zéro' des décès liés au travail ou l'impact du changement climatique sur la sécurité et la santé au travail.
En clôture des travaux, mardi 16 mai, le commissaire s’est félicité de cet évènement, le premier du genre à faire le point sur les efforts menés par les employeurs et syndicats pour renforcer la sécurité et la santé au travail. Mais il a reconnu dans le même temps « qu’il reste beaucoup à faire dans un monde du travail qui évolue extrêmement rapidement » et nécessite d’adapter continuellement « les protections, les législations, les qualifications » des travailleurs.
Le commissaire a appelé à se concentrer sur les travailleurs les plus vulnérables, comme les travailleurs migrants, détachés, les femmes souvent sous-payées ou encore les jeunes.
Quant à la santé mentale, Nicolas Schmit a rappelé que la Commission présenterait dans les prochaines semaines une communication large sur ce sujet. En ce qui concerne la santé mentale au travail, la réunion de Stockholm a permis de mettre en lumière de bonnes pratiques nationales qui pourraient éventuellement se traduire au niveau européen par un projet de recommandation, a ajouté le commissaire.
Lignes directrices contre la gestion des canicules au travail
La veille, Nicolas Schmit avait annoncé de nouvelles orientations sur la responsabilité des employeurs à l'égard des personnes travaillant à des températures élevées, ce dont s'est félicitée dans un communiqué la Confédération européenne des syndicats (CES).
Ces lignes directrices ont été élaborées par l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail afin de prévenir des décès pendant les canicules.
Les lignes directrices définissent les obligations des employeurs à l'égard des travailleurs comme le fait de procéder à une évaluation des risques sur le lieu de travail et protéger les travailleurs vulnérables, de consulter les travailleurs et leurs représentants sur la manière de gérer les risques liés à la chaleur, d’adapter les horaires de travail et permettre aux travailleurs de décider du moment de leurs pause ou encore de veiller à ce que les travailleurs disposent d'eau potable, d'un accès à une zone ombragée et de vêtements de protection.
Selon Eurofound, 23% des travailleurs de l'Union européenne sont exposés à des températures élevées au moins un quart du temps, ce chiffre atteignant 36% dans l'agriculture et l'industrie et 38% dans la construction, a rappelé la CES dans un communiqué.
« Mais seuls quelques pays européens disposent d'une législation visant à assurer la sécurité des travailleurs pendant les vagues de chaleur, avec des limites très variables allant de 28 à 36 degrés », ajoute la CES.
Lien vers les lignes directrices : https://aeur.eu/f/6wn (Solenn Paulic)