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Bulletin Quotidien Europe N° 13183
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

à la 'Beyond Growth Conference', Yamina Saheb dénonce l'absence de politiques européennes de sobriété

« Aucun des instruments de politique européenne n’a de mesures suffisantes en matière de sobriété ». Lors de la conférence 'Beyond Growth', au PE le 16 mai, Yamina Saheb, spécialiste des politiques énergétiques et climatiques et auteur principal au sein du GIEC, a appelé l’UE à une plus grande prise en considération des politiques de sobriété ('sufficiency policies').

Il s’agit, selon elle, d’une nécessité à laquelle ne répond aucune mesure européenne : « Nous avons préconisé des solutions technologiques en laissant de côté le concept de sobriété pour répondre à la crise climatique ». Or, « nous savons qu’elles ne nous permettent pas de surmonter la crise écologique », a-t-elle précisé. 

L’experte a rappelé en outre que, si la France était depuis 2015 le seul État à mentionner la sobriété dans sa politique énergétique par le biais de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, cela ne signifiait pas pour autant que des mesures avaient été prises par l’Hexagone pour accroître sa mise en œuvre. 

La faute, estime Yamina Saheb, à un manque de volonté européenne. Une lacune qui pourrait, selon elle, être comblée par une meilleure prise en considération de l’impact de la sobriété sur le PIB européen. « Il s'est avéré qu'au cours de cette décennie, avec les différentes crises que nous avons traversées, l'indicateur PIB ne représente que 0,2% pour avoir une idée de la situation, par rapport au concept de sobriété », a-t-elle avancé. 

Et d’ajouter : « Avec la fin de notre dépendance énergétique, nous aurons la fin de son impact sur nos relations commerciales. La suffisance permettrait d'obtenir des résultats encore meilleurs à l'échelle de toute l'UE. Donc, nous avons besoin de modèles de sobriété intégrée dans la politique de la Commission européenne, en tenant compte de l'impact social de la sobriété ».

Cela déboucherait, pour Yamina Saheb, sur « une économie du bien-être, du résultat, qui protégerait les plus vulnérables ».

Elle préconise en outre une application de ce concept qui reposerait sur quatre piliers. D’abord, des mesures politiques et des pratiques quotidiennes : « C'est la politique qui déclenche les pratiques quotidiennes et, ensuite, un changement individuel. Parce qu'en tant qu'individu, nous sommes enfermés dans des politiques anciennes », a-t-elle expliqué.

Mme Saheb a également soutenu l’idée d’une application concernant les ressources naturelles ainsi que pour satisfaire les besoins des citoyens en matière, notamment, de mobilité, de logement et de santé. « Si nous regardons le programme ‘Fit for 55’, je considère que les résultats sont nettement insuffisants pour atteindre les objectifs climatiques et la justice énergétique dont il est question dans la transition énergétique », a-t-elle déclaré. Une analyse qui l’amène à suggérer, comme dernier pilier, une plus grande attention à accorder aux « limites planétaires ». « Ce n'est pas en 2050 que l'UE devrait devenir climatiquement neutre, mais en 2030 », a-t-elle asséné en ce sens.

Pour voir son intervention : https://aeur.eu/f/6wt (Nithya Paquiry)

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