Les ministres des pays de l’UE chargés de l’Éducation se sont réunis, mardi 7 mars, pour un Conseil ‘Éducation, Culture, Jeunesse, Sport’ consacré à l’enseignement. Au menu : les compétences nécessaires à la transition verte et la pénurie d’enseignants dans l’Union.
Promouvoir les compétences « vertes »
Le Conseil de l’UE a ainsi donné son feu vert à des Conclusions visant à encourager le développement de compétences pertinentes dans le cadre de la transition écologique, et ce pour tous les niveaux et types d’éducation.
Le texte invite notamment les États membres à développer l’offre éducative sur le sujet, aussi bien sur le fond que sur la forme. En effet, la Présidence suédoise souligne l’importance de s’assurer non seulement que le contenu des formations soit cohérent avec les besoins du marché, mais également qu’elles soient imparties selon des modalités flexibles et innovantes. Elle suggère, par exemple, de « développer des modules d'apprentissage de petite taille et sur mesure qui peuvent conduire, entre autres, à des microcrédits ».
Les conclusions insistent, par ailleurs, sur la formation du corps enseignant aux compétences « vertes ». Au-delà des formations continues, la Présidence suédoise demande à la Commission européenne d’encourager les échanges à travers Erasmus+ et de promouvoir la coopération des établissements, comme dans le cadre des alliances entre universités européennes et des centres d’excellence professionnelle (EUROPE 13106/4).
Enfin, le texte appelle à bien identifier les compétences vertes requises sur le marché de l’emploi, en favorisant la consultation et la coopération entre les écosystèmes industriels, les partenaires sociaux et le secteur éducatif.
« La lutte contre le changement climatique commence dans les salles de classe », a rappelé Lotta Edholm, ministre suédoise de l’Éducation, ajoutant qu’une « main-d'œuvre qualifiée est également un élément clé d'une économie européenne forte et compétitive ».
Lire les conclusions : https://aeur.eu/f/5o8
Renforcer l’attractivité des métiers de l’éducation
Dans un second temps, les ministres ont partagé leurs solutions respectives pour attirer et retenir les enseignants. « Malgré nos différents contextes nationaux, il est évident que nous partageons un certain nombre de défis liés à la pénurie d'enseignants », a souligné Mme Edholm, rappelant qu’il s’agit d’un domaine d’action prioritaire pour atteindre les objectifs de l’Espace européen de l’éducation (EEE).
Tous ont estimé que la pénurie d’enseignants est une problématique de long terme, voire structurelle. Pour les ministres, un renforcement de l’attractivité du métier passera non seulement par une revalorisation salariale, mais également par de meilleures conditions de travail (stabilité de l’emploi, prévention des burn-out…) et des perspectives de carrière intéressantes, en particulier en facilitant la mobilité et en favorisant la coopération entre établissements.
Ils ont également recommandé de faciliter la reconversion vers les métiers de l’enseignement en cours de carrière et de soutenir les professionnels dans leurs premières années d’exercice.
Présente lors des échanges, la commissaire à l’Éducation, Mariya Gabriel, a annoncé la clôture de la procédure de sélection de 16 nouvelles académies Erasmus+ pour les enseignants. « Avec les onze académies existantes, nous dépasserons déjà l’objectif fixé dans la communication de l’EEE de 25 académies financées d’ici 2025 », s’est-elle réjouie.
Elle a également rappelé les « engagements multiples » de la Commission pour répondre à ces pénuries. Engagements qui s’articulent autour de trois axes : soutenir les États membres pour rendre la profession plus attractive, fournir une formation initiale et continue de haute qualité aux enseignants et valoriser le métier.
La délégation belge, soutenue par différents États membres, a proposé quant à elle d’instaurer une Année européenne des enseignants. Une proposition qui n’a pas convaincu Mme Gabriel, qui a appelé à « saisir l’opportunité » offerte par l’Année des compétences pour souligner leur rôle, avant d’en envisager une nouvelle.
Favoriser la mise à l’emploi d’enseignants ukrainiens
Enfin, les ministres ont débattu, lors d'un déjeuner informel, des manières de mobiliser les enseignants déplacés d’Ukraine pour favoriser l’intégration d’enfants réfugiés ukrainiens. « Nous avons parlé des moyens de faciliter la mise à l’emploi des enseignants ukrainiens déplacés dans les écoles des États membres par le biais de législations temporaires et, dans certains pays, d'une exception de reconnaissance mutuelle [de diplômes] pour une certaine période [...] Nombre d'entre eux ont également mentionné divers types de bourses, de plateformes [d’apprentissage] et de cours de langue », a précisé Mme Edholm. (Hélène Seynaeve)