« Le refus de la Russie de renvoyer les enfants ukrainiens séparés de leur famille et de leurs tuteurs légaux constitue une grave violation de leurs droits humains ». Il faut « de toute urgence » « réunir ces enfants avec leurs familles », a déclaré Dunja Mijatović, Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, lundi 6 mars, après une visite en Ukraine.
La Commissaire distingue plusieurs cas de figure parmi ces enfants déplacés en Russie ou dans les territoires occupés : certains viennent d’orphelinats ou d’institutions installés dans des territoires occupés avant ou après le 24 février 2022, d’autres ont vu leurs parents être tués, blessés, détenus ou disparaître, par exemple lors du bombardement de Marioupol. D’autres encore ont été envoyés dans des camps de loisirs en Russie ou dans les territoires ukrainiens occupés sans être renvoyés vers leurs parents.
Ils y seraient soumis à un endoctrinement dénigrant l’identité ukrainienne.
Dunja Mijatović dénonce « une exploitation délibérée de la vulnérabilité des enfants » et alerte sur des cas d’adoption par des citoyens russes soutenus par des fonctionnaires à tous les niveaux.
Le retour de ces enfants est « une entreprise extrêmement complexe, entachée de différents obstacles », admet-elle en soulignant notamment l’absence d’accès à ces enfants et la difficulté d’établir des « chiffres fiables ».
Mais l’urgence s’impose, « la question est de la plus haute priorité » et elle doit mobiliser « toute l’expertise possible » afin d’élaborer un « mécanisme de regroupement ».
Appel est fait aux institutions internationales et aux États membres du Conseil de l’Europe d’œuvrer en ce sens.
La Commissaire insiste aussi sur l’importance, à terme, de juger les auteurs de ces violations des droits de l’enfant.
Elle annonce un prochain rapport sur la situation des droits de l’homme des Tatars de Crimée.
Lien vers la déclaration de la Commissaire (en anglais) : https://aeur.eu/f/5oc (Véronique Leblanc)