Dans son rapport 2022 publié mardi 7 mars, la 'Plateforme du Conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes' dénonce une détérioration continue de la liberté de la presse depuis le début de la guerre en Ukraine, celle-ci allant de pair avec une « guerre » contre le journalisme.
Ont été recensées en 2022 : 74 alertes sur des atteintes à l'intégrité physique de journalistes (26% des 289 alertes au total), 41 alertes sur la détention et l'emprisonnement de journalistes (14%, chiffre en augmentation de 60% - la Pologne et la Géorgie sont citées), 94 alertes sur des cas de harcèlement et d'intimidation de journalistes (32%) et 80 autres alertes sur d'autres actes ayant des effets dissuasifs sur la liberté des médias (28%).
Treize journalistes ont été tués en 2022 (plus lourd bilan depuis la création de la plateforme en 2015), dont 12 au moins lors du conflit en Ukraine et un en Turquie, Güngör Arslan, abattu devant la rédaction de son journal à Izmir.
Sont également examinés : la mise en place de législations restreignant la liberté des journalistes, la surveillance de leurs communications, les fausses informations et la désinformation, le détournement du système judiciaire pour le réprimer ou intimider, les poursuites stratégiques visant la mobilisation publique (SLAPPS), la pression exercée sur les médias de service public et les cas de confiscation des médias.
Le rapport salue les initiatives en faveur de la liberté et du pluralisme des médias prises par la Commission européenne en 2022, mais regrette leur portée limitée et craint la réaction « probablement négative » de certains États membres qui « protègent jalousement leur souveraineté » en la matière.
La faiblesse du taux de réponses nationales (16%) aux 282 alertes de 2021 « consterne » les organisations partenaires de la plateforme.
Lien vers le rapport 2022 : https://aeur.eu/f/5o3 (Véronique Leblanc)