Les eurodéputés réunis en séance plénière ont fait le point, mercredi 14 décembre à Strasbourg, dans la foulée de l'intervention de la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur les priorités de Parlement européen en vue du Conseil européen qui aura lieu ce jeudi à Bruxelles (voir autres nouvelles).
Le sujet de l’énergie a occupé une place importante dans les débats, alors que les ministres des États membres de l’UE ont échoué, mardi 13 décembre, après de longues négociations, à s’accorder sur le plafonnement des prix du gaz (EUROPE 13083/11).
Les groupes S&D et PPE estiment que le Parlement devrait être plus impliqué dans les discussions. « Je vous conjure d’impliquer le Parlement. Le Conseil doit fournir de décisions sur le plafond pour le gaz », a insisté M. Weber.
« Il est urgent de s’attaquer aux prix exorbitants de l’énergie. La Commission a présenté des mesures urgentes et le PE est exclu. S’il s’était agi d'une procédure législative normale, le Parlement aurait pu émettre des limites efficaces. Nous avons été rapides avec les vaccins, nous pourrions l’être avec l’énergie », a pour sa part déclaré la présidente du S&D, Iratxe García Pérez (espagnole).
D’autres eurodéputés, à l’image du président du groupe Renew Europe, Stéphane Séjourné (français), ont également appelé les États membres à soutenir l’idée d’un fonds européen pour « produire, sur le sol européen, des énergies propres et renouvelables ».
Cette idée d'un fonds souverain européen, qui pourrait être abordée dans le cadre de la révision à mi-parcours du budget de l'UE à la mi-2023, a été abordée par Ursula von der Leyen comme l'un des éléments de la réponse européenne à la loi américaine Inflation reduction act (IRA) (EUROPE 13084/1), érigée en priorité par les groupes politiques du PE.
Schengen. Par ailleurs, une partie importante des discussions a aussi porté sur le refus de l’élargissement de l’espace 'Schengen' de libre circulation des personnes à la Roumanie et la Bulgarie (EUROPE 13080/1).
Sur ce point, plusieurs groupes ont estimé, à l’instar du groupe PPE, que les vetos autrichien pour les deux pays, et néerlandais pour la Bulgarie étaient « de mauvaises nouvelles ». « J’espère que ce sera discuté demain », a réagi Manfred Weber, questionnant dans le même temps le système de vote à l’unanimité au Conseil de l’UE.
« Les dernières semaines ont montré que les vetos pourrissent la vie démocratique européenne », en témoigne « l’absurde décision de retarder l’élargissement de l’espace Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie », a commenté Stéphane Séjourné.
Hongrie. Une majeure partie des groupes a également salué l’accord auquel est parvenu le Conseil de l’UE, lundi 12 décembre, concernant la suspension de 6,3 milliards d'euros de fonds de cohésion destinés à la Hongrie en raison de craintes persistantes sur la protection des intérêts financiers de l’UE (EUROPE 13083/27).
« Je redoutais que le Conseil de l’UE ne cède au chantage de Viktor Orbán, mais vous n’avez pas cédé », a salué le coprésident de groupe Verts/ALE, Philippe Lamberts (belge).
Ukraine. En outre, une majorité des eurodéputés ont renouvelé la volonté du Parlement - confirmée quelques heures plus tôt par la Présidente du PE, Roberta Metsola, lors de la remise du prix Sakharov au peuple ukrainien (voir autre nouvelle) -, d'accroître le soutien à l’Ukraine dans la guerre d'invasion menée par la Russie sur son territoire.
Dans la lignée de ce sujet, M. Weber a également appelé à « accélérer la mise en place d’une défense européenne, notamment 'cyber' », et à renforcer le marché unique de la défense alors que « l’Allemagne, la Pologne et certains États membres font leurs emplettes en dehors de l’UE » en matière de matériel militaire. (Thomas Mangin)